Noemi sortira le 28 octobre son premier album solo Les pays humides. Elle revient pour Aritmuzik sur la genèse de cet album, son Ă©criture, et son titre. La chanteuse sera en concert demain Ă  l’OPA Ă  Paris, puis le 27 septembre au Carreau Ă  Reims, le 7 octobre en session acoustique au Bus Palladium et enfin le 5 novembre aux Trois Baudets.

Aritmuzik : Ton premier album Les Pays Humides est fini d’enregistrer depuis un moment.

Noemi : Oui. J’ai fait appel Ă  une plateforme de crownfunding KissKissBankBank pour financer le mixage de l’album. Mais effectivement, il y a un certain nombre de chansons qui existaient depuis un petit moment. On a fait le mixage entre fĂ©vrier et mars 2013 et il sortira en octobre. Derrière, il y a eu tout le parcours de la pochette… J’ai gĂ©rĂ© pas mal de chose toute seule. C’est vrai que cela demande un petit temps.

Est-ce que tu peux revenir pour nous sur ton parcours ? Tu as déjà réalisé un album pour enfant.

Je viens d’une petite ville au nord de Lyon, après j’ai fait une Ă©cole de musique Ă  Nancy. J’ai pas mal bougĂ© car je suis allĂ©e Ă  Bordeaux et maintenant Paris. J’ai dĂ©jĂ  fait pas mal de choses. Pour Noemi, c’est mon premier album. J’ai sorti un EP 4 titres en 2011. Il y avait dĂ©jĂ  le titre Ca brule. Effectivement, j’ai sorti un album pour enfant Chante avec Nomi-Nomi chez Nathan jeunesse. Avant tout cela, je faisais partie d’un collectif electro qui s’appelle Zimpala avec lequel j’ai sorti trois album sur le label bordelais Platinum Records.

L’Ă©criture, le passage en studio… Comment tout cela s’est imbriqué ?

Cet album, ça fait un moment qu’il me tient Ă  cĹ“ur de le sortir. Il y a Ă  la fois des chansons qui ont Ă©tĂ© Ă©crite il y a pas mal de temps et d’autres très rĂ©centes. C’est vraiment une compilation des chansons que j’apprĂ©cie et que j’avais envie de sortir. Pour moi, cet album est comme une première porte que j’avais envie d’ouvrir. Il y a quatre textes qui ont Ă©tĂ© Ă©crit par une auteur que j’aime beaucoup HĂ©lène Prince, elle a aussi Ă©crit pour Bertrand Burgalat. On a vraiment une proximitĂ©, quelque chose d’assez fort. Sinon j’Ă©cris, je compose et j’arrange quasiment toute seule. La plupart des chansons ont Ă©tĂ© faites dans mon home-studio. J’ai confiĂ© quatre titre donc les quatre textes et trois titre pour la rĂ©alisation et l’arrangement Ă  SĂ©bastien Lafargue, un des membres du groupe Autour du Lucie. Il s’est chargĂ© de J’ai semĂ©, Je ne pense qu’Ă  çà et Les pays humides. Tout le reste c’est moi. Après j’ai confiĂ© la partie mixage. J’aime bien travailler et avancer toute seule.

Sur l’album, il y a deux participations, celle d’Adrienne Pauly sur Donne-moi du feu et de Luce sur Je ne pense qu’Ă  ça Ă  qui tu avais dĂ©jĂ  Ă©crit L’Ă©tĂ© noir et La Reine des moules pour Première Phalange.

C’est un petit peu arriver par hasard. Mon premier Ă©diteur avait prĂ©sentĂ© des chansons Ă  des maisons de disques. Et c’Ă©tait au moment oĂą Luce remportait la Nouvelle Star. Il y a eu une accroche. Ils ont dit qu’ils adoraient le titre et que cela pourrait ĂŞtre hyper-intĂ©ressant pour Luce. C’est vrai que je n’avais pas Ă©crit pour d’autres. Il y a une proximitĂ© dans nos timbres de voix qui est assez rigolo. Du coup, je me suis facilement mise dans sa voix. Et L’Ă©tĂ© noir s’est retrouvĂ© premier single de son album donc ça fait très plaisir. C’est une fille que je trouve super intĂ©ressante, très mĂ»re et Ă  la fois rigolote. Beaucoup de choses me plaisent chez elle, j’avais envie de lui proposer ce duo sur le titre Je ne pense qu’Ă  çà.

Et Adrienne Pauly, c’est aussi une chanteuse que j’aime beaucoup. En fait, c’est vraiment par hasard. Une soir, elle Ă©tait chez moi. On rigolait un petit peu. Je lui faisais Ă©couter des morceaux et lĂ  elle m’a dit « c’est chouette ». C’est une prise qui s’est vraiment faite Ă  la volĂ©e et spontanĂ©ment. Je trouve que ça lui va très bien aussi. J’aime bien ce clin d’Ĺ“il. Sa voix est très grave et j’aime bien le mariage que cela procure sur Donne moi du feu.

Christophe a aussi participĂ©. Je le connais depuis un petit moment. Il aime beaucoup ce que je fais. Je voulais enregistrer sur un vrai piano et puis j’ai enregistrĂ© chez lui oĂą il a Ă©tĂ© aux manettes pour enregistrer ma prise de voix et de piano. C’est vrai que c’Ă©tait un super moment. Il a Ă©tĂ© très gĂ©nĂ©reux.

Ce sont toujours des rencontres au hasard ?

C’est vrai que Luce, oui. Maintenant, on est devenue copines. Pour Christophe, mon chĂ©ri travaille pour lui et lui a passĂ© un CD. Après, j’ai reçu un mail de sa manager disant que Christophe adorait mes chansons. Une belle rencontre. Après Adrienne, maintenant ça fait un petit moment que l’on se connait. J’avais fait, il y a assez longtemps, sa première partie. On se recroise sur Paris.

Au niveau des chansons, on a l’impression que tu rĂ©inventes ta voix. C’est quelque chose de conscient ?

On me l’a dĂ©jĂ  dit que j’avais pas mal de facette. Ce n’est pas quelque chose de vraiment conscient. Je ne me dis pas sur telle chanson, je vais chanter comme çà… Je me laisse porter car chaque chanson reprĂ©sente une Ă©motion, une petite bulle Ă©motive. Naturellement, je vais exprimer quelque chose diffĂ©remment. Sur Sagrado Corazon, je suis dans une dĂ©marche plus naĂŻve, plus pure. Ce texte est comme une première rencontre amoureuse. Il y a d’autres chansons oĂą j’ai un cĂ´tĂ© plus extravagant. Je fais ressortir plus ma voix. J’ai aussi fait du théâtre. Il peut y avoir un cĂ´tĂ© oĂą je suis dans le jeu. Je ne sais pas.

Dans Bosphore, tu déformes ta voix par logiciel.

Au moment du mixage, j’ai eu très envie de ce petit effet, de m’amuser avec ça. Je trouvais que ça contraster avec le texte qui a un cĂ´tĂ© un peu plus littĂ©raire.

Pour revenir sur Sagrado Corazon, le clip utilise les images du film l’EffrontĂ©e.

Il y a effectivement un lien, cela reprĂ©sente pour moi une première fois, une première Ă©motion sensuelle. Je trouvais qu’il y avait quelque chose qui y faisait Ă©cho.

Est-ce que tu peux expliquer le titre de l’album Les pays humides ?

Il s’agit du titre de la chanson Les pays humides. Pour moi, ce morceau Ă©voque les rĂŞves. Dans cette chanson c’est vraiment des visions de rĂŞves que j’ai eu. Il y a un questionnement sur la vie que l’on a pendant les rĂŞves. Qu’est-ce qu’on fait pendant que l’on rĂŞve ? C’est vraiment un sujet qui m’intĂ©resse. Dans beaucoup de mes textes, je me sers des rĂŞves que j’ai fait. Pour moi, c’est une source d’inspiration très grande. J’aime bien la libertĂ© que l’on a. Par exemple, le mouvement surrĂ©aliste m’intĂ©resse, j’en suis curieuse et ça me marque. Ce thème lĂ  du rĂŞve est très prĂ©sente pour moi. Il y a aussi dans l’album beaucoup de chansons qui tournent autour de l’eau. Que ce soit Bosphore avec l’image de la mer, il y a une mĂ©taphore entre la mer et l’image de la fĂ©minitĂ©. Que ce soit dans Hippocampe. MĂŞme dans Sagrado Corazon, j’ai mis un sample de pluie Ă  la fin. C’est quelque chose qui revient un peu comme un fil, cet Ă©lĂ©ment de l’eau. J’ai voulu l’exprimer dans la pochette (rĂ©alisĂ©e par Marie Vivien, NDLR). Pour moi Les pays humides, c’est le rĂŞve et l’Ă©lĂ©ment eau.

Les pays humides, c’est aussi une chanson que j’aime bien car elle a ce cĂ´tĂ© romanesque. Je voulais le mettre en avant.

NOEMI_PRESS_0919(MarionBarat)Tu as d’autres projets en prĂ©paration ?

En ce moment, je rĂ©pète pas mal pour mes concerts. Après j’ai envie de faire d’autres clips pour les chansons de mon album, de les mettre en avant. J’ai des images que j’ai envie de donner pour chaque chanson. Puis j’ai très envie de partir sur un deuxième album avec Noemi et je prĂ©pare aussi un deuxième album pour les enfants. J’ai dĂ©jĂ  Ă©crit une dizaine de chanson.

Tu continues Ă  Ă©crire pour d’autres artistes ?

Mon Ă©diteur m’avait proposĂ© des choses. Après, je me rends compte que je ne sais pas si je suis capable d’Ă©crire pour tout le monde ou de manière commandĂ©e comme ça. Je pense que j’ai besoin de ressentir quelque chose pour l’artiste. En tout cas, je sais que pour HĂ©lène Prince, qui a Ă©crit quatre de mes textes, il y a vraiment un truc de fort. Elle, elle Ă©crit beaucoup pour d’autres. Je sais que je pourrais Ă©crire beaucoup de chansons avec des textes qu’elle m’offre pour d’autres artistes. Si on me dit Ă©crit pour untel, je sais que j’ai besoin d’avoir quelques chose qui m’accroche. Que j’ai vu l’artiste en concert, une chanson, une vidĂ©o, en interview. Il me faut ressentir. Parfois, pour un garçon, si la voix est très diffĂ©rente de la mienne, c’est peut-ĂŞtre un peu plus difficile. Mon Ă©diteur m’avait proposĂ© d’Ă©crire pour Johnny (Halliday). Au final, le texte n’a pas Ă©tĂ© retenu. C’est vrai que des fois, ça peut-ĂŞtre un hasard. Il n’y a pas de règles…

Propos recueillis par Nicolas D. – Photos promotion Marion Barrat

Ecrit par Nicolas D.

Nicolas est un journaliste qui écrit sur la musique pop, le r'n'b et la variété française et internationale.