Le pôle de producteurs NKLM sort une mixtape éponyme, mixture incandescente, véritable concentré d’instrumentales Trap saupoudrée de compositions aériennes. Aritmuzik est partis à la rencontre de Yoro Glyphe, beatmaker originaire de l’Essonne et membre de ce collectif, pour en savoir davantage sur ce projet. Résultat : un entretien sans concessions ou il est question de rap américain, de beatmaking, du label Néochrome et de Zesau.

Yoro Glyphe est affable. C’est souriant qu’il présente son mètre quatre-vingt-dix devant le 35 rue du Louvre, dans le 2e arrondissement de Paris, où nous avons rendez-vous. Au programme, un entretien au sujet de la sortie de son nouveau projet, « NKLM », une mixtape disponible gratuitement sur la toile, où lui et son collectif, officient le long de 21 pistes dans la pure tradition Trap. Bien qu’étudiant en école d’ingénieur, « Glyphe » , comme l’appelle la chanteuse Moon’A qui l’accompagne ce jour la, trouve le temps de composer des beats pour des étoiles montantes du rap français tel que Niro et Zekwé Ramos. Prolixe sur son art et l’univers du beatmaking, il se livre sans langue de bois, entre coups de gueule et déclaration d’amour pour la musique. Première partie.

Aritmuzik . Comment as-tu commencé à faire des instrumentales ?
Yoro Glyphe : Je suis entré dans le rap en 2004 par le biais de l’écriture. J’en écoute depuis tout petit par l’intermédiaire de mes cousins. À cette époque, j’habitais au bled (le Sénégal) et souvent ils venaient de Paris et me ramenaient des CDs de rap américain et français. C’est vraiment ce qui m’a fait kiffer cette musique. Je venais d’avoir mon BAC et je galérais chez moi. J’avais pas trop de potes. C’est un de mes cousins qui m’a appris à faire des beats sur le logiciel Fruity Loops.

Tu as dû pas mal tâtonner à tes débuts…

Je m’y suis mis à fond mais pour tout te dire les débuts ont été difficiles. J’étais pourri de ouf (rires). Je faisais des mélodies qui n’avaient ni queue ni tête et c’était chelou. Mais je les écoutaient tout les jours à fond et je kiffais. Mais ouais c’était nul (rires).

Tu as appris de manière autodidacte ?

Mes cousins m’ont montré deux ou trois trucs. Après je me suis mis à traîner avec pas mal de mecs qui étaient dans le son. On s’entraidait, on se passait des plugin. Je me rappelle du jour ou j’ai découvert qu’il y avait un truc qui s’appelait les V.S.T. C’est un élément que tu peux rajouter en plus de Fruity Loops. Grâce à cela tu peux obtenir de nouveaux synthétiseurs par exemple. Je pétais un câble. Je me disais : « putain je savais pas qu’il y avait ça » (rires). C’était vraiment cool.

À quel moment ton activité de beatmaker a-t-elle pris le pas sur l’écriture ?

Ça s’est fait de fil en aiguille. À la base je rappais beaucoup. J’ai une pile de textes je pourrais pas te décrire (rires). Mais je sais pas… j’ai jamais vraiment voulu rapper en réalité. J’ai jamais souhaité être exposé.

Au fur et à mesure, j’ai vu que les beats ça passait bien donc je me suis lancé à fond dans les instrus et j’ai laissé tombé l’écriture. Mais à la base ça se valait franchement. J’aimais les deux, je faisais des sons tous les jours et je posais sur mes beats. Quelques fois, j’allais chercher des instrus chez d’autres beatmakers, je posais et j’aimais bien ça. Mais un jour, il y eu un déclic Je pense que c’est les projets auxquels j’ai pu participer par la suite qui m’ont fait penser que je n’avais plus besoin de rapper.

 

Yoro Glyphe Photo : Quynh Lilouw

Yoro Glyphe
Photo : Quynh Lilouw

 

Toi et ton collectif, « NKLM », sortez une mixtape éponyme composée exclusivement d’instrumentaux. Que signifie cette appellation ?

Nike Les Mouth c’est « on casse des bouches ». C’est un jeu de mot avec Mickey Mouse. Je me suis dit un jour « Mickey Mouse », « Nike les Mouths »… On a commencé à rigoler là-dessus. On est très jeu de mot dans le « 91 ».

Les mixtapes de collectif de beatmakers sont une chose plutôt rare dans le rap français. Qu’avez-voulu apporter avec ce projet ?

Je trouve que dans le rap français les beatmakers ne sont pas assez exposés. Nous nous somme dit qu’on allait sortir ce projet à l’américaine car nous avons des exemples aux États-Unis, les 808 Mafia par exemple.
C’est un groupe composé de pleins de producteurs que nous apprécions et notamment l’un d’entre eux qui s’appelle Southside. Il y a Lex Luger aussi. Ils ont monté un collectif, placé beaucoup d’intrus et au fil du temps ils ont acquis un certain buzz. Ils se sont alors dit : « pourquoi ne pas sortir des mixtapes avec nos intrus pour faire notre propre promotion ? ».

Se passer des rappeurs en somme.

Exactement. Je me souviens que mon cousin était arrivé, je ne dirais pas au top, mais il avait commencé à produire pour Alpha 5.20 ou encore Orosko Rarissime. Il avait même fait une émission à Skyrock ou Génération avec Orosko. Mais par la suite, il est resté dans les études et il a abandonné le rap. Résultat, quand il me voit faire mes projets il me dit : « tu es en train de faire les mêmes erreurs que moi. Tu es en train de monter dans le rap. Mais pourquoi ne pas miser sur des choses ou tu n’as pas besoin d’un artiste pour valider ton produit ? ».

Il suffit de faire ta propre musique comme cela se fait dans la house, l’électro et la dubstep. Et tous les jours il me disait : « ne fais pas seulement du rap. Mise sur autre chose ou tu n’est pas obligé d’attendre qu’un rappeur valide ton son,  ou tu dois attendre qu’il pose, qu’il te crédite, et c’est même pas sûr qu’il le fasse… ». Il y a plein de galères comme ça et du coup ce genre de mixtape ( « NKLM »  ) ça fait que tu n’as besoin de personne. Tout ce que tu as à faire c’est prendre une production à Resfa, une production à K.Lange, une de Syger et tu mets ça en place. C’est Syger qui a eu cette idée. Je lui ai dit : « ok». Nous voulons montrer que les beatmakers font partie du mouvement hip-hop et qu’ils peuvent eux aussi sortir des mixtapes.

Concernant la direction artistique de « NKLM » les productions sont clairement dans le registre de la Trap. On retrouve également des morceaux planants, aériens. Où vouliez-vous en venir avec ce projet ?

Chacun a ramené sa touche. Resfa je sais qu’il est grave Trap. K.Lange a ramené deux ou trois beats différents qui sonnent pas forcément Trap. Il y aussi des trucs à la T.Minus (producteur canadien qui compose notamment pour Drake, NDLR). Nous avons essayé de diversifier quand même. L’idée c’était que chacun présente sa spécialité. J’ai quatre beats  sur le projet et c’est que de la Trap. A part la dernière qui est plus planante peut-être. Mais par exemple c’est Karson qui a fait les productions les moins rap. Elles sont très technos, très dubstep. C’est sa spécificité. Tu as d’autres gars de l’équipe, comme Dope, qui m’ont impressionné. Il a une piste sur la tape qui s’appelle Hight. Elle n’a rien à voir avec du Trap alors qu’à la base je le connais que sur ce type de beat. Du coup j’étais impressionné. C’était comme si je découvrais moi même mon propre groupe (rires). C’était pas mal.

Tu ne savais pas qu’il s’intéressait à d’autres registres ?

Même pas ! Un jour Syger me dit : « T’as pas écouté la nouvelle prod de Dope ? » Je dis non. Il m’envoie la mixtape avant qu’elle sorte, je l’écoute dans ma voiture et je tombe sur Hight. J’ai même pas pensé que c’était Dope. Je pensais que c’était Karson qui l’avait faite ! C’est lorsque j’ai commencé à réécouter les beats chez moi et que j’ai vu le titre et le crédit que je me suis dis : « ha ouais c’est Dope ». Les mecs sont vraiment éclectiques.

Sur ce projet tu fournis principalement de la Trap. Tu te cantonnes exclusivement à ce style ?

Franchement je fais un peu de tout. Après les gens me connaissent pour la Trap parce que les productions qui ont été validées par les rappeurs sont dans ce registre. Après, j’ai produis le titre de Niro, « Tout ça pour un Kwaah », qui est sans doute un peu différent quand même. J’ai des trucs assez RnB aussi.

Tu travailles avec des samples ?

(Il sourit) J’aime bien les samples.

Tu pourras peut-être m’éclairer. Je ne comprend pas pourquoi il n’ y a pas plus de producteurs qui mélangent les samples et les sonorités propres au Trap.

Tu as l’américain Harry Fraud qui le fait super bien ! C’est lui qui fait la plupart des beats de French Montana. Il a même fait le remix d’un morceau d’Adèle, je me rappelle plus lequel (Rolling in the Deep, NDLR). C’est un truc de fou. Tu mets ça dans ta caisse tu deviens fou ! Moi, je l’ai fait pour le prochain album de Zesau qui arrive, « Deux Mille Zoo ». J’ai samplé « She Wolf », de David Guetta, et j’ai mis des batteries Trap dessus.

 

Le beatmaker a travaillé avec Niro, Zesau et Zekwe Ramos Photo : Quynh Lilouw

Le beatmaker apprécie le travail d’équipe
Photo : Quynh Lilouw

 

Parle-moi des autres producteurs que l’on retrouve sur ce projet : Karson, Syger, K.Lange, Resfa et DopeBoy.

Au début j’étais avec Syger et Karson. Ils venaient souvent à la maison parce que nous faisions tous les trois des instrus et que nous venions de la même ville (Evry dans l’Essonne). On à commencé à se côtoyer. Un jour on s’est dit : « pourquoi ne pas faire un groupe ? » Moi j’ai toujours kiffé ce délire. En plus, on était très influencé par 808 Mafia. On s’est dit qu’on pouvait faire pareil. Au départ c’était pour le fun. Par la suite on a commencé à faire les instrus. Syger avait des connaissances. Il a ramené K.Lange par exemple. Si tu veux que je te décrive K.Lange, c’est une longue brindille d’un mètre quatre-vingt dix-sept avec des lunettes, mi-camerounais, mi-antillais (rires).

Il est présent sur la mixtape de Smoker, Gangsta Muzik Volume 3, non ?

Oui, il a gagné le concours ( K.Lange est présent en tant que rappeur sur le titre « On Est Ensemble » qui réunis les gagnants d’un concours lancé par Smoker et dont les vainqueurs gagnaient le droit d’enregistrer un titre avec lui, NDLR). Il est membre d’un groupe qui s’appelle DFL. C’est un OVNI pour moi. Il fait des prods’ de dingues. Comme Syger l’a décris : « K.Lange c’est le mec qui n’a pas d’univers tellement il a un univers. » Il va trop loin : il rap, il chante de ouf, il joue de la guitare, du piano, il fait du Trap. C’est des trucs qui ne vont même pas ensemble (rires) ! Franchement, il m’impressionne beaucoup.

Syger et Karson jouent eux aussi du piano. Je les ai connus comme ça. Je les ai même interviewé parce que j’avais une chaîne de télévision sur You Tube, à l’époque, qui s’appelait Cleek TV. Je voulais faire exactement ce que tu es en train de faire : mettre en avant les beatmakers. Ils se sont greffés en 2011, 2012. On a mixé « Dirty Zoo » (le dernier album en date du rappeur Zesau, NDLR) ensemble. C’était au même moment et c’est comme ça qu’on a crée notre groupe. Ensuite Dope et Resfa sont arrivés. Dope c’est un jeune d’Epinay. Il cogne de fou. On s’est connu sur Soundcloud mais c’est K.Lange qui l’a ramené. Et Resfa c’est un arabe de Grigny ! Des blacks et des arabes dans l’équipe ! (rires).

La Trap est installée en France et beaucoup de producteurs s’engouffrent dans ce créneau. Comment parviens-tu à te démarquer de la masse ?

Je ne pense pas qu’on puisse qualifier de Trap ce qui se fait en France. Je ne dirais pas que c’est du sous Trap mais il y a toujours la touche française. Moi, je suis inspiré par les Etats-Unis et tous les mecs de NKLM c’est pareil. On a notre touche personnelle. Quand tu écoute la mixtape, tu sens que ce n’est pas des beats « à la lui ».  Notre touche est palpable par le public et je pense que c’est ça qui fait qu’on se démarque. On écoute pas mal les américains et nous travaillons beaucoup en se basant sur eux. Ils ont un quelque chose en plus et cherchent toujours à innover. C’est ce qu’on souhaite faire à chaque fois. On traque le petit détail que les mecs n’ont pas vu. Quand j’écoute la Trap française il y a ces détails que je ne retrouve pas.

Quels genres de détails ?

Dans toute musique il y a des codes. C’est comme quand tu écoute la West Coast à l’époque. Tu avais des mélodies qui s’enchainaient, qui s’emboitaient. Il y avait par exemple deux notes de flute qui allaient être accompagnées de deux notes de piano à la suite. Il y a des codes dans la musique que certaines personnes ne suivent pas et du coup il font à leur manière. Je pense que nous avons ce truc en plus d’avoir, au moins, cette culture du rap, cette démarche d’écouter. Syger me disais il n’y a pas longtemps que quand il écoute de la musique,  il décrypte une instrumentale comme un mec pourrait décrypter un texte de Lino ou de Zoxea. Tu vois ce que je veux dire ? Il analyse tout. C’est un ordinateur le mec ! (rires)

Zesau : Dirty. N.T.R.O – Produit par Yoro Glyphe

Tu as entièrement composé l’album-concept de Zesau, « Dirty Zoo ». Comment s’est faite la connexion avec lui ?

Il y a un groupe d’Evry qui s’appelle les Mineurs Enragés. Ils ont invité Zesau sur l’une de mes instrus présente sur leur projet. Ils ont posé et m’ont envoyé le son. J’ai bien aimé. Un jour, je suis posé avec un de mes cousins et on se dit qu’il faudrait que les beats sortent du P.C un jour. Je réfléchis et je me rappelle que Zesau a posé sur une de mes instrus avec les Mineurs Enragés. Pourquoi ne pas lui en en proposer et voir si cela l’intéresse de travailler avec nous ? J’ai crée un mail, un Twitter et un Facebook Yoro Glyphe et je l’ai contacté directement sur Facebook.

Il m’a envoyé sa boite mail et en retour je lui ai balancé quatre ou cinq instrus. Il me relance et me dit : « ouais, j’ai kiffé ton délire ! ». Mais il en valide aucune des cinq finalement. J’ai commencé à lui en envoyer tous les jours. En parallèle, je bossais avec Al Kapote sur son album, « L’Empereur Contre-Attaque ». Un jour, Zesau m’appelle et me dis : « je crois qu’on va faire un projet entièrement avec tes insrus. » Je me dis que c’est un truc de ouf. D’ailleurs, il m’en fait la promesse. Il voulait vraiment le faire ! Je l’ai cru, Zesau c’est un mec de confiance. On est allé jusqu’au bout. Dis toi que c’est au bout du quatorzième ou du quinzième son que je lui ai balancé que je l’ai rencontré pour la première fois.

Vraiment ?

Oui. On s’appelait souvent, on s’envoyait des mails mais ce  n’était que du virtuel. Le pire c’est que je lui envoyais les instrus mais je ne savais pas ce qu’il en faisait (rires). Et un jour, je débarque au studio et il me fait tout écouter et la je commence à péter un câble. C’était lourd. Je pense que c’est ça qui m’a le plus choqué dans l’histoire.

Sais-tu si « Deux mille Zoo », le prochain album de Zesau, va bientôt sortir ? Cela fait un moment qu’il en parle…

Il ne va pas tarder. J’ai eu la chance de l’écouter en entier maintes et maintes fois (rires)

Alors ?

Lourd.

Ce projet ressemble-t-il à « Frères d’Armes » , son précédent long format ?

Franchement c’est un nouveau délire. Zesau c’est un mec comme ça. Il explore toujours des nouveaux univers. C’est cool de bosser avec lui.

Zesau feat Niro : Les marches de la gloire – Produit par Yoro Glyphe

Que retiens-tu de cette expérience avec lui sur « Dirty Zoo » ?

J’ai pris beaucoup de plaisir. Je bossais tout le temps. Je lui ai envoyé une centaine de beats je crois ! Il en a sélectionné 18 ou 19.

De laquelle est-tu le plus fier ?

On a kiffé celle avec Sazamyzy. Le morceau avec Niro aussi. Les dix premiers sons du projet sont les plus cools et les dix derniers sont plus durs. Il y a deux facettes dans le CD et aucune production ne se ressemble. Ça m’a permis de me démarquer un peu. Sur le prochain album de Zesau je n’ai qu’une production.

Ce projet t-a-t-il ouvert des portes ?

Oui. Je me suis retrouvé sur l’album Rééducation de Niro grâce à cela. J’ai réalisé le track « Tout ça pour un Kwaah ». J’ai bossé avec plein de nouveaux artistes. J’ai fais pas mal de collaboration avec Hits Alive avec qui je bosse régulièrement depuis. Je travaille aussi avec un jeune qui s’appelle Mister Punisher et qui m’a positionné aux États-Unis. Il m’a placé des beats là-bas. On a travaillé avec Freebandz, le label de Futur basé à Atlanta et avec Cashis qui est signé sur le label d’Eminem. Nous avons pu acquérir pas mal d’exposition ces derniers temps.

J’ai travaillé aussi avec Dieway, un jeune sénégalais et qui vient de faire disque d’or avec l’album de Lacrim,« Corleone ». C’est lui qui a produit « Pocket Coffee ». Tout le monde parle de sa guitare (rires). J’ai pu rencontrer plein de beatmakers grâce à ça. C’est la raison pour laquelle je me dis que les producteurs sont sous-exposés alors qu’ils font des trucs de dingues. Franchement je trouve qu’ils sont géniaux.

Niro : Tout ça pour un Kwahh – Produit par Yoro Glyphe

Le dernier beat qui t’as marqué en rap français ?

J’aime bien celle de « La mort leur va si bien » (Booba) de Wealstarr. Il y a aussi un son de Lacrim sur son dernier album qui fait très Rick Ross. Il passe souvent à la radio (« Barbade », NDLR). Elle m’a bien fait kiffé. Sinon au States laisse tomber c’est tous les jours (rires). Ce serait un affront de te dire qu’une seule m’a baffé !

Quels sont les beatmakers dont tu apprécie le travail en France ?

Martinezz et Mayer (Hits Alive).

Ils créent des ambiances très particulières…

Oui, avec des samples de films d’horreurs à l’ancienne bizarres (rires). Même leurs mixtapes c’est un truc de fou. Ils ont fait pas mal de beat-tape mais pas comme les nôtres. Il y a un univers. Avec eux tu as l’impression d’être dans un film. Sinon tu as des mecs comme Dieway. Je l’avais écouté sur la première tape de Casino, le pote de Futur. Pareil quand j’avais écouté le beat de Niro « Père Fourra ». Je suis devenu fou ! Je me suis dis : « Dieway il est fou ! ». Et bien sûr mon gars Mister Punisher. À chaque fois il m’épate. Il a placé une prod sur « Banger 2 » de Mac Tyer, un son en featuring avec La Fouine dont j’ai oublié le nom ( «Interdit d’échouer», NDLR). Elle fait très Lil Wayne.

Tu peux me parler de Mac Fly Mafia, un terme qui revient souvent dans les textes de Zekwé Ramos dont tu es très proche. C’est une entité auquel tu appartient ?

C’est un groupe de rap composé de Nilz, un cousin de Zekwé, Ziblock un pote d’Evry. Tu as aussi Waybess un mec de Belgique qui va bientôt sortir une mixtape via Néochrome et moi même.

Vous touchez donc au beatmaking et au rap…

Oui. Mais d’ailleurs je te parlais tout à l’heure des beatmakers que j’apprécie mais parmi eux j’ai oublié de te citer Zekwé. Il me tue. J’ai pas envie de trop parler mais il a des nouveaux sons qui vont arriver… Lourd. Une spéciale dédicace à lui.

Quelles sont tes relations avec Zekwé ?

On s’est connu par le rap. J’avais été traumatisé par l’équipe Néochrome dans les années 2006 : Haine, misère et crasse Barillet Plein (des albums sortis sur le label Néochrome, NDLR)… Zekwé, Al Kapote, Katana, Seth Gueko… Ils m’ont tué. Même en ce qui concerne les beats. Il y en a beaucoup dont j’ignorais que c’était Zekwé qui les avait produit.  Un jour mon pote Byron l’a ramené à la maison. En arrivant, il a croisé Al Kapote qui sortait de chez moi. Al K lui dit ( il imite Al Kapote) : « Ha toi aussi tu viens ici ?! ». Zekwé lui répond  que c’est la première fois. Al K lui dit : « Tu vas te faire piquer les oreilles ! ». C’était  vraiment sympa. J’avais toute l’équipe Néochrome à la maison. Nous avons tissé des liens et aujourd’hui je ne considère pas  Zekwé comme un rappeur mais comme un frérot. Je suis tous les jours fourré chez lui à bouffer dans son frigo (rires).

NKLM est en téléchargement gratuit Photo : Quynh Lilouw

Le compositeur est proche du label Néochrome
Photo : Quynh Lilouw

 

Zekwé n’est plus chez Néochrome. Quelles ont été les raisons de son départ ?

C’était la fin d’un cycle et il a peut-être trouvé une meilleure écurie. Il est actuellement signé sur le label ISF avec Blackbrut. On lui souhaite le meilleur j’ai envie de dire.

Tu est signé chez Néochrome ?

J’ai jamais signé nulle part mais j’espère signer des artistes. Ouvrir un label, un truc comme ça. On ne sait jamais. Néochrome c’est la famille mais je ne suis pas signé chez eux.

Il y a t-il des artistes dans le rap français, hors Néochrome, que tu aimerais produire ?

Tout le monde. J’ai déjà une belle brochette avec Dirty Zoo (l’album comporte de nombreux featuring, NDLR). Mon objectif c’est qu’il y ai une production de moi dans tous les I-Pod. Si je peux toucher des rappeurs à Marseille, en province, à Paris, à Lille, il n’ y pas de soucis. N’importe quelle personne qui le souhaite peut travailler avec moi.

Propos recueillis par Louis Mbembe / Photos : Quynh Lilouw LiveLife

NKLM Mixtape est disponible gratuitement ici.

Ecrit par Louis Mbembe