Le bonhomme est prolifique bien qu’il s’en dĂ©fende. Pourtant les chiffres plaident en sa faveur. En presque huit ans, Swift Guad, rappeur originaire de Montreuil (Seine-Saint-Denis), compte Ă  son actif trois albums et six mixtapes produites en totale indĂ©pendance. Le 29 septembre dernier sortait son troisième album, La Chute des Corps, un tournant dans l’Ă©volution musicale de l’auto-proclamĂ© « narvalo ». Et quoi de mieux que la livraison d’un nouvel opus pour effectuer la rĂ©trospective d’une carrière dĂ©jĂ  bien remplie ? Un oeil dans le rĂ©troviseur le « poinçonneur de Montreuil-Zoo » s’est livrĂ© Ă  l’exercice du Monologue. 

« Je vois ma carrière comme un Ă©ternel recommencement. LĂ , je commence Ă  pouvoir faire le bilan de toutes ces annĂ©es mais ce n’est pas comme si je voyais mon activitĂ© musicale comme un truc qui allait s’arrĂŞter. Je pense que ça va continuer donc on fera le point plus tard (rires). Je n’ai pas le temps d’y penser. Je suis tout le temps la tĂŞte dans le guidon ou sur un projet. J’ai grandi dans ma tĂŞte, aussi bien dans les propos que dans la façon de voir la musique. Je ne dirais pas que c’est de la maturitĂ© parce que c’est un peu de la branlette de dire que La Chute des Corps est l’album de la maturitĂ©. Je pense qu’on se bonifie en permanence donc c’est une Ă©volution logique et normale. J’ai changĂ© musicalement. J’ai pris du galon parce qu’avant de rapper j’étais compositeur donc forcĂ©ment mon oreille s’est affinĂ©e avec le temps. Il y a plein de choses que j’ai revu dans mon fonctionnement. Comme on dit : « il n’ y a que les cons qui ne changent pas d’avis ».

Le rappeur Montreuillois à sorti son troisième album en septembre Photo : Maxime Rousseau

Le rappeur Montreuillois a sorti son troisième album en septembre
Photo : Maxime Rousseau

J’essaye de moins me prĂ©cipiter mais comme je suis toujours en train de sortir des trucs les gens me disent que je vais trop vite. Pourtant je rĂ©flĂ©chis un peu plus qu’avant. J’essaye d’être plus organisĂ©. Avoir la tĂŞte dans le guidon c’est bien mais au bout d’un moment il faut aussi savoir s’arrĂŞter, regarder autour de soi et se poser les bonnes questions. Je pense que je fais les choses plus intelligemment. RĂ©sultat, je prends davantage mon pied parce que j’ai moins de soucis en tĂŞte quand je crĂ©e ma musique. Je n’ai pas de procĂ©dĂ© particulier pour Ă©crire un texte. Ça peut partir d’une instrumentale ou d’une idĂ©e. Ça vient comme ça et c’est le cĂ´tĂ© mystique de la chose (rires). Le story-telling est un mode d’écriture que j’aime bien. C’est un peu cinĂ©matographique. La musique et le cinĂ©ma appartiennent au mĂŞme domaine d’expression, c’est super liĂ©. Seul les moyens diffèrent. Le fond reste le mĂŞme. Les mixtapes c’est facile. Je peux en faire dix par an. S’il suffit de boire des coups et faire des sons avec ses potes, ça va vite. Mais pour les albums j’aime prendre mon temps.

Pour « La Chute des Corps » j’ai mis plus longtemps que pour les précédents pour lesquels je mettais en moyenne deux ans. Pour celui-ci j’ai mis trois ans. Entre temps, j’ai sorti beaucoup de mixtapes parce que c’est la règle du jeu. Avec internet il faut en donner aux gens sinon ils t’oublient vite. Je ne fais pas de la musique en me disant : « est-ce que les gens vont se souvenir de moi ? ». Mais je pars du principe que quand je fais un son je n’aime pas qu’il dorme dans un tiroir pendant trois piges. Dans le rap ça se fait beaucoup. Des gens t’invitent sur des projets qui ne sortent jamais, ou seulement cinq ans plus tard, quand le titre que tu as enregistré tu le trouves tout pété et que tu le renies (rires). J’ai vraiment comme principe d’aller au bout des choses donc quand je fais un son il faut que ça sorte. Et vu que j’en réalise tout le temps j’ai de quoi en fournir en permanence. Je ne suis pas spécialement productif mais j’ai un vivier. J’ai une réserve personnelle avec laquelle j’ai de quoi sortir trois ou quatre mixtapes mais désormais je privilégie vraiment les albums et l’aspect vidéo en faisant des clips parce que c’est un truc que j’aime bien.

Swift Guad et son associé à la boutique Urban Wear Photo : Maxime Rousseau

Swift Guad et son associé Stéphane dans la boutique Urban-M-Wear
Photo : Maxime Rousseau

Entre 2009 et 2012, j’ai pu avoir quelques contacts avec des maisons de disques.  À l’époque j’étais signé chez KDBZik, le label de Zoxea. Grâce à lui j’ai pu réaliser un album en maison de disque, qui aurait dû être « Hécatombe 2.0 », mais ce projet n’a jamais vu le jour. Sur l’aspect humain ça se passait très bien avec Zoxea mais sur l’artistique on ne s’entendait pas forcément. À cette période, sur KDBZik, il y avait aussi 1995 et mon poto Al Tarba. J’ai connu Al Tarba au tout début de ma carrière, vers 2006-2007. J’étais aux balbutiements de mes projets. On a un peu grandi ensemble dans ce délire. Il est sur tous mes projets sauf « La Chute des Corps ». Je dois dire que ça fait du bien d’aller voir ailleurs. Il ne faut pas s’enfermer dans la même bulle artistique sous prétexte que c’est les potos. Du coup je pense qu’avec Al Tarba on va bientôt revenir très fort avec une nouvelle énergie.

Finalement on est tous partis de KDBZik. Pourquoi ? Il n’y a pas eu assez de concret. Après Zoxea je peux le comprendre car c’est quelqu’un qui a Ă©voluĂ© avec des artistes qui se travaillent sur du long terme et moi je suis quelqu’un qui a envie de sortir des projets tous les six-huit mois. Je suis un peu un Ă©lectron libre et c’est vrai que pour lui ce n’était pas facile de travailler quelqu’un comme moi. Je pense qu’il aurait peut-ĂŞtre voulu qu’on prenne le temps de dĂ©velopper tout ça. Je sais qu’il a des bons contacts s’il s’agit de faire grandir un artiste. Pour ma part j’ai trouvĂ© mon intĂ©rĂŞt en me dĂ©veloppant moi-mĂŞme.

C’est vrai que mon expérience en maison de disque n’a pas été géniale. Concrètement, je suis tombé sur des gens qui ont modifié mes sons, qui ont enlevé les instrumentales de bases et rajouté des petits pianos bien comme il faut. Quand je dis dans le morceau « Puissance 10 », que les maisons de disques sont « comme des sourds », c’est qu’il n’y avait pas vraiment moyen de discuter avec elles. Mais je ne suis pas fermé. C’était nous qui avions été taper à leur porte. Si demain c’est elles qui viennent vers moi le point de vue sera différent. Je ne fait pas partie de ces rappeurs bornés qui pensent que rester indépendant est une fin en soi.  Si demain ta musique a la chance d’aller plus loin et que ça doit passer par des maisons de disques ça se fera. J’ai rien contre. En plus j’ai dis ça dans Acte 2 le Prélude et c’était il y a un moment !

Artistiquement j’ai fait une overdose d’instrumentales old school. Je suis plutĂ´t en manque de beats new school (rires). Quelques annĂ©es après mes dĂ©buts, les productions old school disparaissaient de la scène rap. Ensuite c’est revenu Ă  la mode et lĂ  ça m’a saoulĂ©. C’est peut-ĂŞtre ça aussi la musique : ne jamais reproduire ce que les autres font, ne jamais ĂŞtre dans la tendance. Mais je n’étais pas forcĂ©ment le seul rappeur Ă  encore exercer sur des instrumentales Ă  l’ancienne Ă  cette Ă©poque. À la base je suis beatmaker et j’ai toujours eu la chance de travailler avec des putains de compositeurs que ce soit Al Tarba, Hazel ou Beus Bengal. Quand je disais que j’étais en manque de beats old school dans « Puissance 10 », c’était par rapport aux auditeurs. Pour ma part j’étais en manque de rien du tout. C’était pour prĂ©server leurs oreilles que je disais ça (rires).

Le rappeur en est à son neuvième projet en huit ans Photo : Maxime Rousseau

Le rappeur publie son neuvième projet en huit ans d’activité 
Photo : Maxime Rousseau

À l’époque  d’« Acte 2 le PrĂ©lude » , il y n’avait aucune musicalitĂ© dans l’utilisation de l’Auto-Tune. Les beats dirty c’était peut-ĂŞtre pour faire bouger des culs mais moi je n’y trouvais rien. Maintenant il y a des beats Trap qui sont super musicaux et des gars qui utilisent l’Auto-Tune de manière judicieuse. Drake par exemple. On ne va pas tous les citer on les connaĂ®t dĂ©jĂ . J’ai rien contre quand c’est bien utilisĂ©. C’est juste qu’à cette pĂ©riode il y avait une saturation et un effet de mode parce que Lil Wayne et Booba le faisait. C’était sucer la b…, copier sur l’un qui a copier sur l’autre. Je prĂ©fère que l’Auto-Tune soit vampirisĂ© comme ça les gens l’utiliseront moins. Ceux qui s’en serviront sauront pourquoi ils le font. À l’heure actuelle, j’ai une autre approche parce que je travaille beaucoup sur des instrumentales d’autres personnes.

Avant j’étais seul dans ma bulle Ă  produire mes sons. Maintenant je bosse avec une Ă©quipe. Depuis l’époque de « Narvalo », j’ai toujours posĂ© sur des productions oĂą il fallait beaucoup dĂ©biter. DĂ©sormais c’est le contraire :  c’est dans des nouveaux beats, plus lent, que je m’éclate comme Ă  l’époque de « Narvalo ». Ce n’était plus le cas avec les productions plus classiques.  Dans ces instrumentales plus actuelles je peux revenir avec les flows que j’avais envie de faire Ă  l’ancienne. Pour moi c’était naturel. Les beats sont de plus en plus lent et c’est une Ă©volution logique. Mes proches ne sont pas surpris de ma nouvelle direction artistique. Je suis leur pote. Ils disent : «  c’est Swift, c’est pas grave » (rires). Ce que les gens savent moins c’est que la plupart de ces MC’s kiffent bien ces genres de sons mĂŞme si ils n’en font pas. Ils n’osent pas. Alors je me sens un peu comme un porte parole (rires).

Swift Guad – Narvalo

Le remix du morceau No Life est parti d’un concours qu’organisait Orelsan. Je communiquais un peu avec lui à l’époque de My Space. On se connaissait de loin. À l’occasion de ce concours je les ai rencontrés lui et Nessbeal. C’est vrai qu’on n’a jamais rien fait ensemble mais ce n’est pas dit qu’on ne fasse pas quelque chose à l’avenir. C’est des gens que j’aime bien.

Orelsan featuring Nessbeal et Swift Guad – No Life Remix  

La transition d’HĂ©catombe Ă  HĂ©catombe 2.0 s’est faite via le projet que je devais faire chez KDBZik. On avait fait un Hecatombe 2.0 qui n’est jamais sorti. Quand j’ai arrĂŞtĂ© de bosser avec Zoxea j’ai tenu Ă  ce que ces sons sortent en indĂ©pendant. HĂ©catombe 2.0 est dans la continuitĂ© du premier vu qu’on pouvait retrouver des titres communs, comme « Enfant Soldat », mais le BPM (battement par minute, NDLR) se ralentissait. Et ça s’est encore accentuĂ© dans La Chute des Corps. Par rapport Ă  mes featurings, Ă  l’époque d’HĂ©catombe, quand on sortait un album, les distributeurs nous demandaient : « quelles sont vos tĂŞtes d’affiches ? ». ForcĂ©ment il fallait, entre guillemets, que tu en invites.Tes potes passaient le plus souvent au second plan.

Aujourd’hui, j’estime que la roue a tourné. Quand je sors un album c’est moi la tête d’affiche. Donc je peux inviter mes potos. Green (présent sur « Comme un billet de 500 », un morceau bonus de La Chute des Corps, NDLR) c’est un mec on se connaissait même pas. On s’est rencontrés parce qu’on bosse avec le même ingénieur du son dans le même studio. La connexion s’est faite encore plus naturellement qu’avec un poto ou qu’avec une pseudo tête d’affiche. C’est comme ça que je travaille : sans prise de tête. Je fréquente des gens, qui sont des amis, avec qui on doit faire un morceau depuis cinq ans. Il ne s’est encore jamais fait ! Je fais les choses de manières naturelles. Ça sert à rien de préméditer.

Ce n’est pas la mĂŞme dĂ©marche que lorsque j’avais collaborĂ© avec Raekwon et Bishop Lamont oĂą lĂ , forcĂ©ment, tu passes par des contacts, tu verses, et il ne faut pas avoir peur de le dire, un cachet Ă  l’artiste. Seth Gueko, Al Kapote et Ol Cainry on se connaissait de loin et Ă  cette pĂ©riode les gars de mon Ă©quipe n’étaient pas ce qu’on pouvait appeler des tĂŞtes d’affiche. On Ă©tait tous  dans la mĂŞme galère. Gueko, Ol Cainry et Al Kapote avaient plus de visibilitĂ©. Du coup, ma dĂ©marche c’était « je sors un album, donnez moi un coup de main ». Ça  se fait naturellement. Il n’y a pas besoin d’aller mendier ou de raquer. Quand j’ai connu Seth Gueko et sa musique il n’était pas encore en mode gitan. C’est plus tard qu’il est parti dans ce dĂ©lire. Je ne prĂ´ne pas le cĂ´tĂ© gitan de Montreuil mais davantage le melting-pot et l’aspect rabouin. Il y a eu de grosses communautĂ©s gitanes et maliennes ce qui a crĂ©Ă© une culture mĂ©tissĂ©e dans la ville. Mais les gens ne vivent pas dans des caravanes, ils ne mangent pas des hĂ©rissons, enfin tu vois… (rires). À part dans un petit quartier oĂą tu verras encore des caravanes, parce qu’elles sont  historiquement placĂ©es Ă  cet endroit, mais sinon faut arrĂŞter de croire. (rires). Il y a plus de bobos que de gitans Ă  Montreuil ! (rires). Il y a plus de lofts et d’ateliers d’artistes que de manouches et de foyers maliens !

Swift Guad est en concert jeudi Ă  la Belleviloise, Ă  Paris Photo : Maxime Rousseau

Swift Guad est en concert jeudi Ă  la Bellevilloise, Ă  Paris
Photo : Maxime Rousseau

Des collaborations avec d’autres rappeurs du 93 ? Tu sais les gens ils se bouffent tous entre eux… Moi je fais des connexions avec mes amis (sourire). En plus la plupart de mes potes qui sont invités dans mes mixtapes, donc les noms que tu ne me cites pas, comme Bazané ou Warlock, c’est des gars du 9.3 ! La plupart de mes potos c’est des gars du 9.3 ! C’est sûr que je n’ai pas grandi dans la cité de Mac Tyer, de Seyfiu ou de Kaaris donc tu ne me verras pas en freestyle avec eux ! (rires). Après on s’apprécie mais on n’est pas de la même génération non plus. Moi je travaille beaucoup avec des gens de ma génération et avec des personnes plus jeunes. Mais la génération d’avant moi, je ne les connais pas les gars. Alors peut-être NTM parce que j’ai pu faire leur première partie. Mais quand j’ai commencé à faire du rap eux arrêtaient.

Je parlais plus d’alcool et de défonce dans mon premier album que dans ma mixtape Vice et Vertu (qui précède la Chute des Corps, NDLR) . C’est juste que dans ce dernier projet il y a un côté plus policé et artistique. Ce qui est un peu incroyable chez les auditeurs c’est que quand tu parles de défonce et de débauche sur un bon petit beat old school avec un piano et un violon, les gens trouvent ça super cool et jazzy… Ils n’ont rien compris. J’en parlais déjà avant sauf que dans Vice et Vertu et La Chute des Corps, j’ai donné un bel aspect à cette thématique. Comme un bonbon en fait. « Icare », c’est un son qui parle de débauche mais dans un bel écrin de velours (rires). La liberté d’expression en France  est en danger. Avant quand t’avais une street crédibilité tu pouvais tout dire sans que les gens s’interrogent.  Maintenant quand tu veux donner un aspect un peu plus philosophique au débat les gens sont outrés et tu ne peux plus parler de sexe, d’alcool et de drogue sans que les gens disent « hooo tu as vu ? En plus il a utilisé de l’Auto-Tune ! » La liberté d’expression se barre en couille et c’est triste.

.

Swift Guad – Icare

Musicalement, oui, le titre « Narvalo » m’a rĂ©vĂ©lĂ©. C’est grâce Ă  lui qu’on a pu monter des projets comme le Narvalow Club qui a conduit Ă  l’organisation d’Ă©vènements comme le Narvalow City Show. Il a Ă©tĂ© Ă  l’origine de beaucoup de choses. Mais comme je le disais, il ne faut pas s’enfermer dans un truc et ça je l’ai compris rĂ©cemment en prenant un peu de plomb dans la tĂŞte. Sinon, les gens ne te laissent pas sortir de ce crĂ©neau. Les gens voudraient te voir narvalo toute ta vie. Mais dans la vie tu n’est pas tout le temps en mode narvalo (rires). Les rĂ©fĂ©rences religieuses dans mes textes ? J’ai Ă©tĂ© baptisĂ©, je suis orthodoxe mais je n’ai rien de pratiquant. Après c’est clair que c’est un vivier d’inspiration, des bonnes bases dans la vie comme dans la musique.

Je travaille Ă  la ville de Montreuil. Je clashais l’État quand j’avais entre 16 et 24 ans parce que j’étais rĂ©voltĂ©. Aujourd’hui je suis moins dans cet Ă©tat d’esprit parce que je commence Ă  comprendre comment  fonctionnent les institutions. Je pense qu’avant de critiquer un système il faut d’abord l’intĂ©grer, apprendre Ă  le connaĂ®tre. Avant j’étais un peu rentre dedans. Maintenant je connais un peu mieux les choses. Si demain je clashe le système ou une mesure qui a Ă©tĂ© mise en place je saurais pourquoi je le fais. »

Propos recueillis par Louis Mbembe / Photos : Maxime Rousseau (pour Aritmuzik)

Swift Guad est en concert demain Ă  la Bellevilloise (Paris) Ă  partir de 19h30.

 

La mĂ©moire dans la peau… par Swift Guad 

 

Dans « Tatoo », produit par Al Tarba, il annonce la couleur :  « on se fait piquer comme des camĂ©s. Ça reprĂ©sente des heures de taf...». Nul doute qu’il aura fallut du temps, et de la douleur, pour que Swift Guad puisse aujourd’hui arborer les fresques qui ornent son anatomie. Bras, torse, dos… rares sont les parties du corps du rappeur Ă  avoir Ă©tĂ© Ă©pargnĂ©es par l’aiguille du dermographe. Symboles, messages codĂ©s et hommages : l’artiste dĂ©voile la signification de ses tatouages.

Montage : Louis Mbembe / Photos : Maxime Rousseau (pour Aritmuzik), Océane Minet, Ed Ward

Ecrit par Louis Mbembe