Greg June est sans doute le chanteur pop français à suivre l’année prochaine. Avec son premier single « We Can Never Talk », il propose un single sur une musique rafraîchissante tout en abordant un thème sérieux la fin d’une relation amoureuse. Dans cette interview, le chanteur revient sur le travail qu’il effectue sur un album fini à « 80% », de possible collaboration avec l’électro français comme The Avener ou Feder dont il sera en première partie ce vendredi au zénith de Paris. 

Aritmuzik. « We Can Never Talk » est ton premier single. Tu l’as écrit, il y a près de 10 ans après une rupture. Tu travailles avec Kallisto Records ton label depuis près de 7 ans. Tu es quelqu’un qui prend son temps ?

Greg June. Le travail d’écriture et de composition a pris du temps, c’est une maturation lente. Un premier album, c’est toujours l’album d’une vie quasiment. Ça a pris du temps, c’est le fruit des histoires de ces 30 premières années. Je prends mon temps pour faire les choses, car j’aime bien faire les choses.

J’ai lu que tu avais beaucoup voyagé. Qu’est-ce que les voyages ont pu apporter à ta musique ?

Une ouverture sur la culture anglo-saxonne. Je chante en anglais. Les voyages m’ont permis à moins se regarder soi-même. S’ouvrir aux autres. C’est important pour un artiste, d’abord de faire de la musique pour se faire plaisir, mais aussi pour partager. Le fait de voyager, rencontrer d’autres cultures, d’autres civilisations, d’autres thématiques et des gens tous plus intéressant les uns que les autres enrichissent forcément ta musique.

Le premier single « We Can Never Talk » est bien accueilli par le public. Ça fait plaisir ?

Bien sûr. Le premier heureux. Je ne suis pas étonné, c’est la suite logique de ce que j’ai fait. J’étais prêt à ce que les gens aiment bien que ce que les gens n’aiment pas. Pour moi, c’était normal. D’une certaine manière, la chanson ne m’appartient plus. L’accueil, aujourd’hui, est bon et j’en suis très heureux.

C’est encourageant pour la suite ?

Forcément. Là, l’EP est sorti début octobre. L’album est prévu lui pour début 2016.

Ton album était presque près il y a quelques. Est-il fini ?

On est toujours en train d’y travailler dessus. Il est fini à 80 %. Il y a encore un peu de travail dessus à faire. Je suis quelqu’un qui aime composer en studio. Je réfléchis aussi pour la suite. C’est un travail qui est en constante évolution. Il peut toujours avoir une surprise avec une chanson qui vient à la dernière minute, que tu as envie de mettre sur l’album ou non. Globalement, ce sera une sortie pour le premier semestre 2016. C’est prévu comme ça.

Un second single va-t-il prendre le relais ?

Ce n’est pas d’actualité pour l’instant. On est content que les radios reçoivent bien ce premier single. Les choses arrivent doucement. C’est plus mon équipe qui gère cela. On espère que « We Can Never Talk » va être encore plus écouté et apprécié. On verra bien après. Mais il est certain que plus tard, il y aura un second single.

L’objectif, c’est donc de se faire connaître avec « We Can Never Talk ».

Effectivement. Cela se fait aussi avec l’EP. On ne s’attendait pas en fait qu’il soit si bien reçu. Finalement, avec peu de promotions, on a eu de bons retours. Un single, un EP, et après l’album. Je suis heureux de vivre tous ces moments-là.

Sur ton premier EP « One ». Il y a la reprise de « Where Is My Mind ? » des Pixies. C’est quoi la musique que tu aimes ?

J’aime toutes les musiques. Dans la musique, il y a des bonnes choses dans tous les styles. Je peux autant écouter du Hip-Hop que du rock, que du classique, que du jazz. En ce moment j’écoute le dernier album d’Alabama Shakes. J’aime tous les styles de musique. Je pense que ça se ressent. Que ça se ressentira dans l’album. L’envie qu’il n’y a pas de frontière entre les gens et que l’on puisse s’amuser avec les différents styles. Il n’y a pas de cathédrale, il n’y a pas de ghetto entre les musiques. J’aime la musique dans toutes ses formes d’expressions.

Dont l’électro. Tu aimerais travailler avec Lost Frequencies, Kygo, Feder ou The Avener.

Tout à fait. D’ailleurs, ce vendredi, je fais la première partie de Feder, The Avener, Joris Delacroix et Synapson dans le cadre de la tournée Flash Deep au zénith de Paris. C’est une superbe opportunité. Je suis impatient d’y être. C’est un pas vers une famille qui m’intéresse beaucoup. Venant de cette pop moderne, la couleur électro est très intéressant sur quelques titres et collaborer.

Quels seront les thèmes de prédilections de l’album ?

C’est varié. Il y a des histoires d’amour, entre deux personnes ou plusieurs… Ce sont des thèmes qui ont traversé ma vie. Il y a aussi l’amitié. C’est assez vaste pour que l’on puisse ne pas les définir. Le but d’une chanson c’est d’enfermer quelque chose. Je pense qu’il faut parler de tout.

Tu as grandi dans un univers musical. Tu es d’abord passé par l’instrument avant le chant ?

Ma mère était pianiste et violoniste, c’est elle qui m’a mis au piano. A l’âge de 12 ans, j’ai fait ma petite crise d’adolescence. J’ai voulu faire de la guitare sans laisser le piano. C’est la guitare qui m’a amené au chant quelques années plus tard. C’était une sorte d’expression naturelle avec la guitare d’avoir envie de chanter. Chanter, c’est un long processus d’acquisition technique à un moment, puis s’affranchir de cette technique, devenir interprète. Le chant est un vrai exutoire.

Tu proposes quelques pas dans le clip « We Can Never Talk ». C’est quelques choses que l’on retrouvera dans tes concerts ?

J’aime beaucoup ça. J’aime beaucoup la danse et l’expression en mouvement. Je n’ai pas envie de me cacher sur scène derrière la guitare ou le piano. Je prends du plaisir à essayer de construire çà.

Tu utilises la poudre holi dans ton clip.

C’était le moyen de mettre en images les stigmates de la relation. Les traces que ça peut laisser quand on souffre. C’est un clin d’œil aussi à la culture actuelle. C’était pas le tournage le plus compliqué. On a passé plus de temps à nettoyer le studio d’enregistrement que de tourner les scènes. Ça restera un très bon souvenir.

Il y a deux versions de « We Can Never Talk ».

Avant tout, il faut que la chanson soit guitare-voix ou piano-voix. Le tout dépouillé. C’est une manière de surprendre. D’aller dans l’authenticité. C’est bien de jouer avec les deux.

« Unify » ressort de l’EP. Tu vas t’en servir ?

C’est une chanson que j’aime beaucoup. Elle a quelque chose de très positif. Il y aura une autre version sur l’album, plus produite. Elle me tient à cœur. J’espère que le public la redécouvrira. Ça sera un mécanisme inverse qu’avec « We Can Never Talk ». On va aller sur quelque chose de plus produit.

Quand « We Can Never Talk » est comparée à « Stolen Dance » de Milky Chance, alors qu’au final, tu l’as écrit bien avant. Ça veut dire que tu retrouves dans l’air du temps au moment où tu la sors.

C’est ça. C’est vrai que la chanson, je l’ai écrite il y a une dizaine d’années. Avoir le même succès que « Stolen Dance », je suis pour, je signe tout de suite. Il y a une forme d’air du temps. Je suis un mec de mon temps, je pense que l’arrangeur que je suis qui a capté les envies, l’air du temps. Je m’amuse avec ces codes-là.

Comment se passe le travail pour l’album ?

Je travaille principalement avec le réalisateur Franck Authier (Irma, Grégoire) qui est un ami depuis des années. J’ai coutume de travailler en binôme avec lui. Il me laisse la totale liberté en studio pour faire des arrangements. Lui, s’occupe de la partie plus technique de l’enregistrement. C’est très important de trouver la bonne personne. C’est un plaisir de travailler avec lui. J’ai écrit, composé et arrangé toutes les chansons. J’ai fait toutes les parties instrumentales, une par une, sur l’EP. Ça permet de définir ton univers, de jouer avec toi-même. C’est important.

C’est vraiment toi.

Oui. Après j’aurais certainement envie d’ouvrir la porte. Mais pour me présenter, c’était nécessaire. Montrer mon univers, ce que je fais. Je pense qu’il n’y a rien de plus honnête et de plus personnel. J’avais l’envie de faire les choses par moi-même. Je l’avais dans la tête. Je vais essayer de continuer comme ça.

Tu composes pour d’autres ?

Pour le moment de façon confidentielle, ça m’intéresse beaucoup autant pour des Français que pour des Anglo-saxons. Me mettre à la place d’artistes. Comprendre leurs envies. C’est très existant.

Propos recueillis par Nicolas Dumas, photos Hélène Pambrun.

Ecrit par Nicolas D.

Nicolas est un journaliste qui écrit sur la musique pop, le r'n'b et la variété française et internationale.