Trente ans que Daniel Balavoine est mort. Derrière ce nom, ce sont d’innombrables chanson que l’on associe, des chansons reprises sur l’album « Balavoine(s) » sorti début janvier. De Zaz à Florent Pagny, en passant par Féfé ou Jenifer, c’est tout une génération de chanteurs qui donnent une nouvelle jeunesse à 17 titres. Sur toutes ces chansons, il y a des ratages, mais aussi de bonnes surprises. Notre passage en revue.

Ce que l’on aime

Zaz s’approprie la chanson « Tous les cris les S.O.S. », une excellente reprise dans la lignée de son dernier titre « Si jamais j’oublie » extrait de « Sur la route ». Elle apporte sa patte, et on effectue ainsi une très bonne entrée dans l’album.

« Si je suis fou » est une découverte que met très bien en avant Ours, le fils d’Alain Souchon. Sa présence sur cet album de reprise est une vraie surprise et une vraie réussite. « Pour la femme veuve qui s’éveille » est un régal dans la bouche de Josef Salvat, son accent. Florent Pagny excelle avec « La vie ne m’apprend rien ». On ne pouvait imaginer meilleur interprète pour cette reprise. Une chanson qui correspond totalement à l’interprète. Les moins de trente ans ont en tête la version de Liane Foly, on peut la mettre à la cave. Cats on Trees est en français dans le texte avec « Aimer est plus fort que d’être aimé ». La chanteuse du duo Nina Goem fait plaisir, ici. Cette voix plus grave qu’à l’habitué lui donne une plus forte présente et enlève le côté énervant du duo – chanté en anglais avec un accent toulousain. C’est certainement l’un des très bons choix du disque, la présente de Damien Lauretta. Inconnu du grand public, c’est comme comédien-chanteur qu’il se fait connaître d’abord sur NRJ 12, puis dans la série Violetta sur Disney Channel. C’est un très bon placement de la part de Capitol Records – label qui produit Lauretta et le disque hommage. Alors qu’il prépare son premier album, sa voix et aussi sa belle gueule le feront remarquer. La reprise « Mon fils ma bataille » par Jenifer est sympathique. Une des agréables surprises, c’est la reprise version reggae de « L’Aziza » par Féfé et Mokobé. L’arrangement fait prendre une autre dimension au titre.

Ce que l’on aime moyen

Instrumentalement « Sauver l’amour » est colorée à l’électro qui apporte une touche à la chanson. Ce que l’on peut reprocher c’est la production de la voix de Zaho. Trop travaillée ? Pas assez « crade » ? Il manque un peu de rage. Quand elle entonne « Qu’est qui pourrait sauver l’amour », c’est assez en retenu par rapport à ce qu’elle est capable de faire. Dommage.

Marina Kaye, c’est avec Louane (grande absente du disque avec Kendji ou Vianney…), une des révélations de l’année. « Only the very best » est une traduction de « SOS d’un terrien en détresse » extraite de la comédie musicale à succès des années 1970-1980 Starmania. Marina Kaye nous fait du Marina Kaye. La chanson aurait très bien pu extraite de son album « Fearless », mais au-delà de ça, on reste sur notre faim. Bessa avec « Partir avant les miens », autant comme pour la reprise de Zaho, on apprécie l’arrangement, autant on a des doutes sur l’interprète choisi. Camélia Jordana n’était-elle pas disponible ? « Vivre ou survivre » présente une rythmique bien plus présente que dans l’original. Cette accentuation lui donne un peu un côté « Fame », avec quelques ambiance faites aux synthétiseurs. L’interprétation est Shy’m semble bien maîtrisée. Cependant, dans tout ça, il y a truc qui nous laisse dubitatif. On ne connaissait pas Cleo, on la découvre avec « Dieu que l’amour est triste ». Une reprise bienvenue mais sans exaltation.

Ce que l’on n’aime pas

Nolwenn Leroy chante peut-être très bien, mais elle ne touche pas avec « Un enfant assis attend la pluie ». On zappe. Raphaël nous casse les oreilles avec « Soulève-moi ». Une voix perpétuellement à la limite et qui agace. « Lucie » est reprise par Christophe, ce n’est pas l’interprétation qui ne nous plaît pas, mais plus le choix de la chanson. Autant, on apprécie beaucoup Emmanuel Moire, mais là… « Le chanteur » est d’une fadeur.

C’est un album éclectique dans la façon de reprendre Balavoine. Peut-être, il aurait été bien d’avoir un même producteur pour toutes les chansons afin d’avoir un petit peu plus de cohérence. Niveau artiste, on peut avoir des regrets, comme écrit avant, on peut être surpris de ne pas voir ici Louane, Kendji ou encore Vianney. Il y aurait pu avoir plus de risque, en faisant appel à des artistes plus R&B ou même rap. On peut penser à Soprano ou même La Fouine. Rendez-vous pour les 40 ans.

Photo : Pochette album Balavoine(s)

Ecrit par Nicolas D.

Nicolas est un journaliste qui écrit sur la musique pop, le r'n'b' et la variété française et internationale.