La chanson du jour c’est « Les Chers Leaders » de Marvin Jouno. Texte soigné, image léchée et composition au diapason. Marvin Jouno manie la langue française avec subtilité dans son premier album « Intérieur nuit » en la mêlant avec les bons mots. Il avait su nous séduire avec « Quitte à me quitter », « l’allumette qui lèche le vent », « j’étais perdu dans l’aversion du t’aime, puis j’ai relu ces quelques notes juste à côté d’un V.T (v point t), c’est pas comme ça qu’on sème ». Avec « Les Chers Leaders » (attention, jeu de mot : cheerleader/pompom girl), le trentenaire, piercing nasal, look régressif, nous emmène en Géorgie dans le clip. Mais il s’agit de l’histoire de la petite japonaise, Mégumi Yokota (sur Wikipédia en anglais), enlevée le 15 novembre 1977 par des espions nord-coréens. Sans jamais vraiment expliquer les choses, Marvin Jouno aborde les « cerisiers en pleurs » (symbole du Japon), l’appel sans réponse à « Mégumi », les « 15 novembre », les trente ans où « le printemps n’existe plus », la « peine insulaire ». Son premier album, enregistré dans un mas de Provence, est un film sonore : à écouter d’urgence avant de voir le moyen métrage musical « Intérieur nuit ».


Crédit photo : Clip de « Les Chers Leaders »

Ecrit par Nicolas D.

Nicolas est un journaliste qui écrit sur la musique pop, le r'n'b' et la variété française et internationale.