Dix ans. Dix ans que l’on attendait un troisième album solo de la « Orange County Girl » Gwen Stefani. Plus l’attente est longue, plus la dĂ©ception l’est aussi. « This Is What the Truth Feels Like » tombe dans des travers qui sont impardonnables vu le temps de production que celui-ci a pris et sachant qu’un premier projet a totalement Ă©tĂ© jetĂ© Ă  la poubelle (notamment les chansons « Baby Don’t Lie » ou le très mauvais « Spark the Fire » de Pharrell Williams).

L’album pour la mĂ©nagère

Alors la blonde qui a pour inspiration Marilyn Monroe commence cet album avec « Misery ». Une ballade comme elle s’est les faire Ă  la « 4 In The Morning ». Elle y dĂ©clare que son nouveau mec, le chanteur de country, Blake Shelton, est comme « une drogue » pour elle.

« You’re My Favorite », un beat façon jeu vidĂ©o, une voix Ă  la Madonna, elle parle Ă  nouveau de son nouveau mec. Une ballade mièvre qui s’excite un peu sur la fin. « Where Would I Be ? », rythmique reggae et rĂ©miniscence de « Now That You Got It », Gwen Stefani s’assagit et semble prendre moins de risque, moins d’innovations.

« Make Me Like You » est sans doute la chanson bien choisie pour faire office de single. Elle tranche. Elle interpelle. La thĂ©matique de l’amour lasse.

« Truth » est sans doute lĂ  chanson Ă  retenir de l’album. C’est une balade qui avec les percussions fait monter une tension qui rappelle le battement du cĹ“ur. La chanson se livre :

Oh it’s unexplainable and it’s so weird | Oh c’est inexplicable et c’est tellement bizarre
Woah, it’s so strange, confusing, and I’m so scared | Woah, c’est si Ă©trange, dĂ©routant, et j’ai tellement peur
But maybe I deserve this boy | Mais peut-être que je mérite ce garçon
After all that I’ve been through|Après tout ce que j’ai vĂ©cu
How can all of this be true? | Comment tout cela peut-ĂŞtre vrai ?
Swear |Jurer

Dix ans pour ça ?

Avec « Used to Love You », la chanteuse revient sur son divorce avec Gavin Rossdale, le chanteur du groupe Bush. Elle se rappelle pourquoi le couple Ă©tait ensemble. Au niveau de la composition de tracklist, il y a de gros problème. On attends cette chanson au dĂ©but de l’album et non pas au milieux !

Dans les chansons inutiles, on dĂ©bute la sĂ©rie avec « Send Me A Picture » ; une balade insipide, une soupe pour mĂ©nagère qui dĂ©couvre le sexting. « Red Flag » est une chanson clairement inĂ©coutable. Qu’ont-ils fait en studio ? Stefani essaie de rapper mais sans y parvenir et devient vraiment ridicule. « Asking 4 It » — Fetty Wap pour le cĂ´tĂ© street — ; autant quand elle chante le refrain, ça passe. Mais le reste est vraiment imbitable. On ne peut pas rĂ©Ă©ditĂ© « The Sweet Escape » ou « Rich Girl » Ă  tous les coups. Continuons la sĂ©rie des chansons dĂ©cevantes, il y a « Naughty ». « You see this finger / Wagging, wagging at you » (« Tu vois ce doigt / Il bouge, il bouge pour toi ») sont des paroles dignes d’un Ă©lève de primaire. Bien sĂ»r, elle semble s’adresser Ă  son ex-mari (« Because you’re addicted, so addicted to the shame » en français « C’est vrai que tu es accro, si accro Ă  la honte ») qui avec le temps accumule une rĂ©putation de coureur de jupon. Bref Stefani sait se montrer mĂ©chante quand il le faut. Mais voila, c’est une chanson qui aurait dĂ» ouvrir l’album ; le passĂ© que reprĂ©sente Rossdale vers son prĂ©sent Shelton. Dans son interprĂ©tation du pont de « Me Without You », Gwen Stefani s’inspire de Nicki Minaj dans « Hey Mama ». « Rare » est une ballade de plus relève Ă  peine le niveau. « Loveable » est le titre bonus pour l’Europe. « Non. Vraiment merci ».

Gwen Stefani peine Ă  trouver une ligne artistique directrice dans cet album qui est au final brouillon et confus. Un Ă©chec si l’on pense que la chanteuse a mis dix ans pour accoucher de çà. Les titres de la version deluxe ne relèvent pas le niveau, vous pouvez vous en dispenser.

Crédit photo : Pochette de « This Is What the Truth Feels Like »

Ecrit par Nicolas D.

Nicolas est un journaliste qui écrit sur la musique pop, le r'n'b et la variété française et internationale.