Lunettes de soleil modèle Clubmaster dorĂ©e de chez Rayban et casquette Yankee visĂ©e sur la tĂŞte, Ridsa est allongĂ© sur le lit d’une chambre de l’hĂ´tel Idol du 8e arrondissement de Paris, oĂą est organisĂ©e l’interview, et regarde son iPhone lorsque l’on entre. La barbe est taillĂ©e au cordeau. Son perfecto noir est accompagnĂ© d’un tee-shirt blanc. Lorsque l’on lui demande s’il se trouve Ă©lĂ©gant, le jeune homme de 25 ans nous rĂ©pond que « non » et qu’il « s’habille comme il s’habille », entendez par lĂ , qu’il ne rĂ©flĂ©chit pas Ă  ce qu’il met… « Je m’en fous », « LĂ  c’est die », « Pardon », « Tranquille », il revient sur ces dernières sorties mais annonce par la mĂŞme occasion qu’il prĂ©pare, comme nous vous l’annoncions la semaine dernière, son « vrai » premier album, oĂą il est accompagnĂ© par des compositeurs en studio. Ridsa dĂ©clare son amitiĂ© au chanteur et compositeur Pepe Rosso — qui prĂ©pare d’ailleurs son premier opus — qu’il considère comme « un frère ». Une rĂ©Ă©dition de « Tranquille » sort ce vendredi.

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Ridsa se prête à la séance photo. Crédit : Nicolas Dumas

Aritmuzik. Troisième album, la rĂ©Ă©dition. « Je m’en fous », le clip vient de sortir. Tu es parti en Floride ?

Ridsa. Je suis parti Ă  Miami le clipper. Je me suis dit pourquoi pas faire un clip dont on n’a pas l’habitude de voir. Je voulais faire ça avec une GOPRO, une sorte de rĂ©alitĂ© virtuelle. C’Ă©tait une manière pour moi de faire partager ces activitĂ©s, ces vacances. Si j’avais fait un clip imagĂ© avec chaque parole de « Je m’en fous », ça aurait tournĂ© autour d’un mec avec sa main en l’air, avec des papiers en l’air. J’avais envie de sortir, de faire un truc qui n’a rien Ă  voir… Comme le son s’appelle « Je m’en fous », bah là… je m’en fous.

Est-ce que dans la vie, tu t’en fous ?

Ce son est fait pour des gens qui abusent de ma gentillesse. J’avais envie de leur dire je m’en fous. Quoique vous pouvez dire, il faut me lâcher parce que lĂ  maintenant je m’en fous.

La musique est un moyen pour toi de t’exprimer.

C’est une façon d’extĂ©rioriser. C’est une passion qui m’a permis de m’Ă©vader et de me vider la tĂŞte.

Comme le foot.

Oui, tout le monde m’en parle. J’ai essayĂ©, mais ça n’a pas marchĂ©.

Tes façons de t’Ă©vader, c’Ă©tait le foot et la musique.

Oui, ce sont mes deux passions. Dès que je peux jouer, je prends autant de plaisir que sur scène. Quand j’ai le ballon au pied.

Ce troisième album « Tranquille » est une transition. Il ressemble un peu Ă  une mixtape, 26 titres. C’Ă©tait aussi une crainte de pas dĂ©cevoir ?

Oui, j’ai fait un double album pour donner au gens ce qu’ils attendent de moi depuis longtemps et ce qu’ils voulaient. J’ai aussi voulu me faire plaisir. Jusqu’Ă  maintenant, les chansons que j’avais faites sur le net, c’Ă©tait pour faire plaisir aux gens qui me suivaient. C’Ă©tait pas forcĂ©ment lĂ  oĂą je m’amusais le plus. J’ai voulu m’amuser moi, tout en leur donnant ce qu’ils aiment. Pour pas leur dire « Merci pour le soutien, salut ». Ce n’est pas comme cela que ça se passe.

« LĂ  c’est die », c’est un genre qui te plaĂ®t plus ?

Pas forcĂ©ment. C’est un genre OVNI que l’on fait une fois. C’est un truc un peu bizarre, il n’y a pas vraiment de paroles, il n’y a pas vraiment de thème et ça prend. Je m’attendais pas Ă  ce succès-lĂ . Premier en tĂ©lĂ©, premier en radio, premier en club, pour ton premier titre qui entre en radio, ça fait bizarre. Après, j’ai envie de faire des sons comme ça, oĂą ça ne parle pas forcĂ©ment de thème de tristesse, juste pour que des petits enfants de 4 ans puissent chantonner le titre.

Justement, tu parles des enfants. Au niveau du public, tu as de la musique qui peut ĂŞtre rassurante pour les parents. Ça peut t’ouvrir un public plus large ?

Je ne parle pas de la rue. J’ai fait quelques bĂŞtises Ă©tant jeune, mais c’est pas le message que je veux faire passer. Je prĂ©fère parler des valeurs, des principes, ce qui se passe dans la vie de tous les jours. ForcĂ©ment, il y a des mamans qui vont ĂŞtre touchĂ©es, des pères de famille qui vont s’identifier, des petits enfants qui vont prendre exemple. C’est pour cela que dans mes showcases, on ne voit pas que des jeunes, mais aussi des familles. Ça me touche de pouvoir avoir un public large. Le père de famille fier de voir son enfant dansait avec moi sur scène.

Tu es allé à Compiègne sur le NRJ Music Tour.

C’Ă©tait Ă©norme Kev Adams m’a rejoint sur scène, il y avait Cauet. Quand j’ai voulu dire au revoir Ă  Cauet, j’ai vu qu’il mixait sur scène, j’y suis retournĂ©. Il y avait des enfants qui dansaient sur le cĂ´tĂ©, c’Ă©tait une fĂŞte Ă©norme. La scène, c’est Ă©norme.

Tu fais le Trianon en juin ?

La date est repoussĂ©e, mais pas annulĂ©e, c’est pour des impĂ©ratifs professionnels.

« J’ai quelques regrets sur « Tranquille » »

Ton style musical a beaucoup Ă©voluĂ©. C’est plus chantant.

C’est plus chantant, il y a plus de mĂ©lodies, c’est plus mature, mĂŞme dans les textes. J’ai grandi, il fallait Ă©voluer. Ceux qui me suivent, ils ont grandi. Il fallait Ă©voluer, car j’Ă©tais trop amateur, et mĂŞme « Tranquille » est pour moi très amateur. Je suis un bosseur, c’est pour ça que j’ai quelques regrets sur cet album. Au lieu de continuer la promotion de cet album, je suis dĂ©jĂ  en train de faire l’autre. Je suis dĂ©jĂ  en train de m’amuser.

Il y a quelques collaborations, notamment avec Pepe Rosso.

Il m’a sorti des problèmes, il m’a aidĂ© pour « Tranquille » car quand je suis arrivĂ© Ă  Paris, j’Ă©tais un peu Ă  la rue. Il m’a filĂ© des coups de main, il a composĂ©. On va dire que sans lui, c’Ă©tait dur de respecter les dĂ©lais pour sortir l’album. De faire les allers-retours Paris-OrlĂ©ans. Çà Ă©tait comme une colocation. C’Ă©tait un ami, c’est devenu un frère. S’il y a un disque d’or, il en aura un, c’est sĂ»r. On continue Ă  se voir, je suis passĂ© le voir pour travailler sur mon nouvel album. Je pense que l’on va faire une collaboration sur son album. Je suis très content de ce qui lui arrive. C’est un petit gĂ©nie.

Tu as une autre collaboration avec H Magnum sur « Selfie ».

Le studio oĂą j’enregistrais, c’Ă©tait lĂ  oĂą il travaillait lui aussi. C’est un artiste qui est très très fort, mais pas reconnu Ă  sa juste valeur. Je le croisais souvent et c’est le seul qui s’arrĂŞtait, qui Ă©coute tes sons et qui te donne des conseils. J’Ă©coute beaucoup, il y a toujours meilleur que soit. DĂ©jĂ , juste le fait qu’il s’arrĂŞte alors que c’est un gars qui vient de la rue et moi un gars avec ces chansons love, c’est pas Ă©vident qu’il s’y intĂ©resse. Une fois, j’Ă©tais en studio avec une instrumentation assez amĂ©ricain, je voulais lui proposer. Ce jour-lĂ , j’enregistrais « Selfie » et il a voulu poser sur cette chanson.

Dans tes paroles, tu fais référence à un dieu. Tu es croyant ?

Oui. C’est important. Chacun pense ce qu’il veut. Moi je pense qu’il y a quelqu’un.

C’est quoi ĂŞtre « ÉlĂ©gant » pour toi ?

Je voulais m’amuser. Pour la première fois de ma vie, j’ai voulu ĂŞtre arrogant. J’ai fait une chanson sur de la funk, c’est pas une chanson qui est ressortie. C’est du second degrĂ©, je suis pas comme ça dans la vie Ă  me la raconter. Ça sert Ă  ça la musique, c’est pour jouer des rĂ´les. C’est un dĂ©bat. Est-ce que c’est le charisme ? Est-ce que c’est une façon d’ĂŞtre, de parler, de s’habiller ? C’est un tout. C’est un cĂ´tĂ© classe, c’est faut dĂ©gager quelque chose. J’aimerais bien l’ĂŞtre. Ça serait bien

Tu n’es pas convaincu de l’ĂŞtre !

Je ne pense pas l’ĂŞtre. Je suis un petit jeune qui s’habille comme il s’habille. Il fait sa vie, il ne rĂ©flĂ©chit pas. C’est dans la nature, un mec qui s’habille classe. Je ne peux pas me juger moi-mĂŞme.

Les rĂ©seaux sociaux, tu en sors. Mais aujourd’hui, un artiste ne peut pas s’en passer. Comment gère-t-on cette relation avec les fans ?

Au dĂ©but sur ma page Facebook, il y avait 100 fans avec un noyau dur de 20 fans. Ils ne m’ont pas lâchĂ© depuis le dĂ©but. Il m’arrive de leur envoyer des exclus. De leur demander un avis sur un extrait. Dès qu’il voit une mauvaise pub, ils me le disent. Quand on vient du web, comme moi, c’est-Ă -dire que pendant 3/4 ans, tu n’as pas le soutien de radio, de tĂ©lĂ©vision, de mĂ©dias. La seule façon d’ĂŞtre proche d’eux, c’est de leur parler avec tout le soutient qu’ils m’apportent et qu’ils m’ont apportĂ©, c’est la base.

Dans les thĂ©matiques, sur « Tranquille », tu es Ă  la fois dans un personnage, mais sur « Ti Amo » tu te livres ? Tu dis « Ne vois-tu pas que je fais l’acteur, que je fais semblant ? »

On se livre, mais après quand je dis « je fais l’acteur, je fais semblant » ça peut tout dire. Dans ce cas-lĂ , je te fais croire des choses, que tu ne m’intĂ©resses pas alors que c’est le contraire. Aujourd’hui, beaucoup de gens joue des rĂ´les. Faire l’acteur, je le fais dans le clip de « LĂ  c’est dire ». C’Ă©tait dur pour moi, de repousser des gens. Dans mes chansons, j’essaie de me mettre dans la peau de quelqu’un.

Tu disais que tu travaillais sur ton quatrième.

Ouais, pour moi ça va ĂŞtre le « vrai » premier. LĂ , c’est que du sur-mesure. Je ne vais pas en studio avec l’instrumentation, je vais en studio avec le compositeur. On compose ensemble. Je vais chanter sur ma tonalitĂ©. Je ne suis pas un chanteur de base. A force de studio, j’arrive Ă  chantonner, on commence Ă  trouver les bonnes notes. Je suis allĂ© voir une professeur de chant. Elle m’a dit que « Pardon » Ă©tait quatre tonalitĂ©s en dessous et qu’en live, je galĂ©rerai. J’ai travaillĂ© Ă  fond pour faire de bon live. Quand tu chantes sur ta tonalitĂ©, ça change tout. Tu es Ă  l’aise. Avec « Je m’en fous », c’est la première chanson qui est sur ma tonalitĂ©. Je chante avec ma vraie voix, je suis Ă  l’aise.

Donc « Je m’en fous » est un avant-goĂ»t du prochain album.

« Je m’en fous », je le rapproche de « LĂ  c’est die ». Pas en sonoritĂ©, car c’est dix fois plus travaillĂ©. Mais niveau texte, je ne me suis pas foulĂ©. Je peux pas dire l’inverse, il n’y a pas beaucoup de texte. Et dans l’album, je suis obligĂ© de faire des chansons Ă  texte, je viens de ça. Ma force sur les rĂ©seaux sociaux, c’Ă©tait les textes. Mais de temps en temps, une petite chanson sans prise de tĂŞte. L’Ă©tĂ© arrive, il fait beau. J’ai mis une guitare afro. Il ne faut pas que les gens se posent des questions. Des fois, il faut des chansons Ă  texte, qui sait… en hiver, je vais faire une chanson très triste. Concrètement sur l’album d’un artiste, tu vas aimer 6/7 chansons, les autres vont ĂŞtre dĂ©testĂ©es. Si tu cherches Ă  plaire qu’Ă  une base, tu vas nulle part. J’ai voulu plaire Ă  mes fans sur Youtube, j’ai lancĂ© plein de sons love. Aujourd’hui, ils sont tristes parce qu’il y en a moins. Mais au final, moi je suis 10 fois plus exposĂ©. Ils m’ont poussĂ© pour que je sois lĂ . Je comprends qu’il y ait des déçus.

Le thème de l’amour…

C’est universel. J’ai entendu les dernières chansons de MaĂ®tre Gims, ça reste très love. C’est ce qui parle le plus aux gens, car c’est ce que l’on vit le plus. Tout le monde n’a pas de problèmes de familles, de santĂ©s, par contre l’amour, ça ne va jamais s’Ă©puiser.

Tu parles de MaĂ®tre Gims, dans ta prĂ©sentation, ça dit que vous avez des sonoritĂ©s identiques. Un air hispanisant. Tout comme avec Kendji, c’est ĂŞtre dans l’air du temps…

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Ils ne m’ont pas inspirĂ© car je ne les Ă©coute pas tous les jours. De toute façon, quand je fais un album, j’Ă©teins tout, la radio et la tĂ©lĂ©vision quand je me suis dĂ©cidĂ© Ă  faire « Tranquille ». Si dans l’après-midi, je chante le mot pardon et que le soir j’allume la tĂ©lĂ©vision et j’entends le mot pardon dans une chanson, je retourne au studio changer la phrase. J’essaie de ne pas m’inspirer des gens. C’est pour ça que dans Ridsa, le I c’est pour IdentitĂ© (Ridsa signifie Respect IdentitĂ© DĂ©termination SolidaritĂ© et AuthenticitĂ©, ndlr). Pour que quand tu entends la chanson, tu reconnaisses la touche.

Comment tu définis cette « touche » ?

Je ne sais pas. On cherche Ă  ĂŞtre efficace. Le but quand je fais un son c’est que quand il finit, tu le remettes. Sinon c’est pas bon du tout

Pour le moment, ça fonctionne.

Je n’ai pas Ă  me plaindre pour l’instant. On va essayer de faire mieux.

Sur tous les 26 titres, il y a deux extraits. Ton nouveau single est un inĂ©dit. Est-ce que ce n’est pas un peu dommage ?

Je trouvais qu’il n’y avait rien d’aussi fort sur l’album. Tout Ă©tait en dessous. MĂŞme « Pardon », je ne voulais pas le lancer, je n’aimais pas. Bon après « LĂ  c’est die », c’Ă©tait quitte ou double. Soit il passait inaperçu, soit comme ça c’est passĂ©, il prend et casse tout parce que c’est une expression, c’est facile Ă  chanter. « Pardon » a soignĂ© mon image. Les gens ont dĂ©couvert que je pouvais chanter, Ă©crire un texte avec des Ă©motions. Il y a un superbe clip. J’en ai peut-ĂŞtre un ou deux dans l’album que j’aurais pu lancer. Mais l’Ă©tĂ© arrive. « Tranquille », on pourrait dire que c’est un « mauvais souvenir ». J’en reste fier. Mais je me dis que j’ai de la marge de progression parce qu’en faisant un album prĂ©cipitĂ©, sans recul et avec de mauvaises conditions, je vais jusqu’au disque d’or. A partir du moment oĂą j’aurais l’esprit libĂ©rĂ© comme lĂ , avec des instrumentations sur-mesure, dans ma tonalitĂ©, plus de vĂ©cus donc des meilleurs thèmes, normalement ça ira mieux.

PrĂ©cipitĂ©, c’est-Ă -dire ?

C’Ă©tait une trentaine de chansons en trois mois. Il y a eu très peu de reculs. On a fait une petite sĂ©lection. LĂ , je vais prendre plus de temps.

Propos recueillis par Nicolas Dumas

#Playlist

#Drake – #View

Je ne peux mĂŞme pas m’en inspirer mais j’aime bien le gars.


#JustinBieber / #SelenaGomez

C’est comme un Bieber, il y a trois ans ou Selena Gomez. Ce sont des artistes qui ont des directeurs artistiques derrière eux, mais on ne peut pas s’en inspirer car ça ne marche mĂŞme pas en France.


Ecrit par Nicolas D.

Nicolas est un journaliste qui écrit sur la musique pop, le r'n'b et la variété française et internationale.