Vue sur Paris et sa proche banlieue, alors qu’il sort de son studio situĂ© au Lilas, Valentin Marceau arrive dĂ©contractĂ© sur ce bar rooftop de la porte des Lilas Ă  Paris. Un jus d’abricot et une cigarette, le chanteur Ă  la chevelure soigneusement nĂ©gligĂ©e est posĂ© sur son tabouret de bar en bois brut. Rien n’est excessif chez lui. Il est tiraillĂ©, son deuxième album s’appelle « Deux », entre l’acoustique et l’Ă©lectronique. Ce nouvel opus qui raconte ce questionnement est rĂ©alisĂ© entre les Lilas et Berlin et il est prĂŞt depuis près d’un an. Alors que l’on a pu Ă©couter trois titres encore inĂ©dits « OĂą je vais », « Tiffon » et « One Am », on note effectivement un virage Ă©lectronique notamment sur le très efficace « One Am » mettant en valeur une rythmique haletante et une voix Ă©raillĂ©e, le tout sublimĂ© par les chĹ“urs.

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Aritmuzik. « Deux » est ton deuxième album. Est-ce qu’il est prĂŞt ?
Valentin Marceau.
Archi-prêt. Depuis un an déjà. Ça fait un petit bout de temps.

Tu te serais inspirĂ© d’artistes berlinois et une partie de cet album a Ă©tĂ© rĂ©alisĂ© Ă  Berlin. Tu peux expliquer ?
C’est un album très diffĂ©rent du prĂ©cĂ©dent, il est moins solaire. C’est un album que j’aime dĂ©finir comme d’hiver et de dĂ©serts urbains et Berlin reprĂ©sente bien cela. Alors pour l’inspiration, c’Ă©tait parfait pour crĂ©er et finir cet album. La plupart de la crĂ©ation a Ă©tĂ© faite au Lilas, après Berlin a permis de finaliser l’inspiration avec des mecs que je connais lĂ  bas dans l’Ă©lectronique. J’ai travaillĂ© avec des musiciens et le label Entreprise. Il y a un vrai sens de l’esthĂ©tique. C’Ă©tait une superbe rencontre. C’Ă©tait en tout cas pour finaliser l’album et la couleur qui va avec. Je crois qu’il n’y avait pas mieux que de finir avec eux. C’Ă©tait le plus adaptĂ©. Quand j’Ă©coute le boulot qui a Ă©tĂ© fait au niveau du mixage, j’en suis très content.

Au final, il semblerait que tu ne sois pas tout Ă  fait satisfait de ton premier.
Ce n’est pas que je ne suis pas tout Ă  fait satisfait du premier, j’ai eu Ă©normĂ©ment de chance de sur mon premier album de travailler avec des musiciens comme Blanc-Francard et d’autres super talentueux. C’Ă©tait une expĂ©rience de dingue. C’est moi qui voulait quelque chose de très acoustique. Quand je rĂ©Ă©coute l’album, c’est intemporel. J’aurais encore du plaisir Ă  l’Ă©couter dans 20 ans car rien ne se sera dĂ©modĂ©. Avec des artistes comme Blanc-Francard, ils arrivent Ă  figer dans le temps des sons, des arrangements, des chansons qui ne peuvent pas vieillir. LĂ  j’avais envie d’une certaine modernitĂ©, que je n’Ă©tais pas arrivĂ© Ă  trouver. J’avais besoin d’ĂŞtre un peu plus dans mon temps. On a reniĂ© pendant un temps les sons des annĂ©es 1980, en ce moment, c’est les sons eurodances des annĂ©es 2000 et qui reviendront dans 10 ans. L’Ă©lectronique c’est un truc de courant, tandis que l’acoustique ça ne se dĂ©mode jamais. Je suis content de mon premier album mĂŞme si j’avais besoin d’explorer de nouvelles choses.

Tu es signés chez qui ?
Mon label c’est MGF et PlayOn. C’est le mĂŞme que pour mon premier album. Ça fait 5 ans que je suis lĂ  bas et je suis content d’avoir des alliĂ©s comme eux. C’est rare d’avoir de nos jours des labels qui suivent sur le long terme comme ça. Je me rends compte de la chance que j’ai. Ça n’a pas toujours Ă©tait comme ça.

« Sybille Kill » et « DĂ©fendre Alice » seront-elles sur l’album ?
Je les ai rĂ©arrangĂ©es rĂ©cemment, mais suite Ă  une discussion, je pense qu’elles n’y seront pas. Pourtant, je les avais rĂ©inventĂ©es pour que ça rentre dans l’esprit de l’album.

Pourquoi l’album s’appelle « Deux » ?
Tout le concept de l’album tourne sur la dualitĂ©. Justement cette envie de chose plus Ă©lectronique tout en gardant le cĂ´tĂ© acoustique. J’ai Ă©tĂ© pris par plein de questionnement. J’ai eu un Ă©norme remise en question après « Sybille Kill ». Je me suis que je n’avais pas l’impression d’avoir livrĂ© un centième de ce que j’avais envie de montrer et de faire. J’Ă©tais constamment tiraillĂ© entre deux eaux. J’ai eu des rĂ©flexions – je ne dirais pas schizophrène – avec des moments oĂą l’on dialogue avec nous-mĂŞme et oĂą l’on a du mal Ă  peser le pour et le contre. Ce sont toutes ces choses lĂ  qui font que la dualitĂ© sur laquelle j’ai crĂ©Ă© l’album et la façon dont j’Ă©cris les textes sont parfaitement rĂ©sumĂ©s par le titre « Deux ».

Le cĂ´tĂ© tiraillĂ©, c’est compliquĂ© de ce trouver une identitĂ© artistique. On peut avoir l’impression que tu te cherches.
Je ne me cherches pas, car sur le fond les chansons… la voix… ça reste une Ă©volution. Sans envie de me comparer, mais quand tu regardes Les Stones, Gainsbourg, ils ont pu faire Ă  la fois des albums disco puis passer au reggae et je pense pas que l’on dirait qu’ils se cherchent. Mon premier est très acoustique, mon second est très Ă©lectronique. Je pense qu’il est important pour un artiste de savoir se rĂ©inventer et de ne pas se lasser de son art soi-mĂŞme. Il y a plein d’artistes qui ont perdu leur fil et leur public parce qu’ils finissent par s’emmerder Ă  faire toujours les mĂŞme choses. Je me ferais chier si je ne me rĂ©inventais pas Ă  chaque fois. J’ai l’impression d’ĂŞtre complètement un autre de celui que j’Ă©tais il y a cinq ans. ForcĂ©ment, les styles, les goĂ»ts, les albums, les chansons, tout Ă©volue avec. Ou alors, je ne me suis jamais trouvĂ© et que je passerais toute ma vie Ă  me chercher. C’est le propre de tous, on est jamais vraiment sĂ»r de qui l’on est. Si l’on ne se redĂ©couvre pas, c’est monotone.

Il n’y a pas de date de concert de prĂ©vu ?
Il n’y en a pas pour l’instant. On a signĂ© avec un promoteur de spectacle que je trouve top, donc ca ne devrait pas tarder.

Tu disais que tu aimerais bien accompagnĂ© d’un girl-band.
J’ai deux filles supers talentueuses, Lily et Émilie. Elles sont tout d’or vĂŞtues, elles s’occupent de la programmation, de la batterie, des synthĂ©s. L’album fonctionne Ă  trois et tout c’est très bien passĂ©.

Comment s’est passĂ© le tournage du clip « Tout le contraire » ?
La scène de la peinture a Ă©tĂ© tournĂ©e en dix minutes maximum. C’Ă©tait de la peinture acrylique. J’en ai eu sur tout le corps et dans la bouche, c’Ă©tait dĂ©gueulasse. J’ai un peu mouillĂ© le maillot lĂ  dessus. L’idĂ©e artistique Ă©tait tellement inspirante que tu y vas. Mais c’Ă©tait très dĂ©sagrĂ©able, je ne serais pas passĂ© toute une après-midi avec la peinture dessus. C’Ă©tait pas facile de ce mettre Ă  nu, mais l’idĂ©e artistique Ă©tait tellement prĂ©dominante Ă  ce moment lĂ , que je suis allĂ© au bout. C’Ă©tait très dur de se mettre Ă  poil devant toute son Ă©quipe, tout son label. (rires) L’histoire du clip, c’est de mettre en place une rĂ©surrection. Je vais pas tout expliquer, mais quand tu le regardes, il y a toute une idĂ©e de rĂ©gĂ©nĂ©ration qui est mise en place. Je suis assez content du clip et ce qu’il raconte. Il ne part pas d’une idĂ©e purement esthĂ©tique, il y a l’idĂ©e de raconter une histoire.

L’album est sur la dualitĂ©, le single est sur cette dualitĂ©.
C’Ă©tait un bon titre pour dĂ©marrer, car c’Ă©tait tout le contraire de ce sur quoi l’on peut m’attendre – si l’on m’attend. C’est le morceau le plus pop de toute la liste. Je trouvais cela sympa comme premier titre.

Premier Ă©moi musical « Stan » d’Eminem et après Nirvana, ça peut paraĂ®tre Ă©loignĂ©.
Je peux Ă©couter plein de genre de musique diffĂ©rentes. Du moment que tu est Ă©mu, que ce soit une instru rap, r&b, pop ou rock. Ça marche. J’aime toujours autant « Stan » et les Nirvana. J’adore la folk et l’Ă©lectro minimale. A Berlin, ce sont des spĂ©cialistes de ça et j’adore.

#TRACKLIST

#AlanWalker – #Faded // #Feder

J’Ă©coute beaucoup de musique Ă©lectronique.

#MattSimons

J’Ă©coute beaucoup de deep-house en fait.

#JeanneAdded

Son album m’a rendu tarĂ©. J’ai adorĂ©. La rĂ©alisation ! L’arrangement est top ! Elle chante de dingue ! Et sur scène. C’est au top ! Je me rappelle l’avoir Ă©couter pour la premières fois dans le train, c’Ă©tait un gros coup de cĹ“ur.

Propos recueillis et photo par Nicolas Dumas.

Ecrit par Nicolas D.

Nicolas est un journaliste qui écrit sur la musique pop, le r'n'b et la variété française et internationale.