Le rendez-vous est pris avec Tey Ă  l’hĂ´tel Park Lane dans le 8e arrondissement de Paris en cette veille de week-end du mois de mai. Tey aborde avec nous la prĂ©paration de son premier album dont la sortie est programmĂ©e pour la fin de l’annĂ©e, la sortie de ses singles « A ses cĂ´tĂ©s » et « Tout », mais aussi ses tatouages ou encore son cĂ´tĂ© « mauvais garçon ».

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Aritmuzik. Comment se passes la préparation de ton premier album ?
Tey
. On fait un à deux titres par séance studios. Elles peuvent durer une demi-journée ou le soir.

« A ses côtés » est le premier extrait de cet album. Tu peux nous expliquer cette chanson ?
Le son, on l’a fait l’an dernier. Il y avait dĂ©jĂ  la production. Ça a coulĂ©. J’ai bien kiffĂ©, et j’ai Ă©crit les paroles. Fin janvier, on est parti pour tourner le clip au Maroc.

Comment s’est passĂ© le tournage au Maroc ?
C’Ă©tait grave bien. On avait dĂ©jĂ  Ă©crit des plans, il y avait des idĂ©es. Après on a tournĂ© au feeling. On a pris les voitures et on a roulĂ©. On s’arrĂŞtait de temps en temps pour tourner des plans. Il y avait de superbe dĂ©cors Ă  Marrakech.

Cette chanson, c’est une chanson de « lover ». Est-ce que c’est toi qui parle ou un personnage ?
C’est moi. Ça vient de moi. Je peut-ĂŞtre très amoureux ou non. Chacun a sa personnalitĂ©. Parfois, je peux en rajouter. Je peux faire plus le lover que ce que je ne suis vraiment. Mais j’ai pas peur de chanter sur l’amour.

Sur le texte, ça tourne beaucoup autour de la fidélité.
Ouais… dans le son, je parle de fidĂ©litĂ©. La question, c’est quoi ? Si c’est vrai ou pas ?

Si une chanson de lover, doit tourner autour d’une seule personne ?
Dans cette chanson lĂ , clairement. Je parle d’une seule personne, je ne parle pas de plusieurs femmes. D’ailleurs je parle d’elle, d’elle et que d’elle. Le son s’appelle « A ses cĂ´tĂ©s » donc oui. C’est une chanson d’amour sur des rythmes de reggae ensoleillĂ©. Ça coule.

Ta chanson m’a fait penser Ă  du Colonel Reyel en mieux.
Je m’attendais Ă  ĂŞtre comparer Ă  Colonel Reyel… j’ai mĂŞme vu un article qui me compare Ă  Keen’V. Moi, je trouve ça diffĂ©rent. MĂŞme Colonel Reyel parce que moi, c’est plus reggae que ce qu’il n’a fait. Je respecte, il a fait beaucoup de vente. Chaque artiste est diffĂ©rent.

Si j’en viens Ă  Colonel Reyel, c’est sans doute de par les influences : Admiral T, Krys, que tu peux citer et que lui cite aussi.
DĂ©jĂ  Admiral T, c’est une base crĂ©ole. Après Krys, c’est le cousin de Colonel Reyel, c’est lui qui l’a sorti. Krys, je l’ai dĂ©couvert quand j’avais 12-13 ans avec son album « K-Rysmatik ». Ça m’a beaucoup inspirĂ©, il y a beaucoup de titres en français.

Sur ta présentation, il est écrit que tu essaies de développer ton flow en créole.
Mon flow en crĂ©ole, ça fait longtemps. Avec le label Five Music, j’essaie de dĂ©velopper mon flow en français. Mon label m’a repĂ©rĂ© quand je faisais mes trucs en crĂ©ole. Je faisais que du crĂ©ole Ă  la base. Après j’ai appris qu’il faut s’ouvrir. Je vis en France, faut que les gens me comprennent.

Avec ton précédent single « Bonnto », il y avait du créole dans le refrain.
Exactement. (Il se met Ă  chanter)

Comment s’est dĂ©roulĂ© la signature avec le label Five ?
Je postais souvent des freestyles sur ma page perso Facebook. J’avais pas mal de partage et Akad, qui est maintenant mon manager, m’a repĂ©rĂ©. Il m’a envoyĂ© un message sur Facebook. On s’est rencontrĂ©. On n’a pas signĂ© immĂ©diatement. Ce n’Ă©tait qu’en novembre 2014.

Ça fait un petit moment que tu dĂ©veloppes ton univers pour l’album.
Exactement. On pouvait pas lâcher le truc immĂ©diatement. J’ai une petite base, j’essaie de l’Ă©largir.

En 2008, tu es allé à Maurice.
Je suis nĂ© Ă  Paris, mais je suis originaire de l’Ă®le Maurice. Je suis parti y vivre pendant près de deux ans. C’Ă©tait une vraie expĂ©rience.

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Ton envie de musique a pris là-bas ?
Je chantais dĂ©jĂ  ici, jusqu’Ă  mes 11 ans. J’ai arrĂŞtĂ© avant de parti. LĂ -bas, j’habitais dans une citĂ© oĂą il y avait beaucoup de reggae. Je trouvais ça ouf. Quand je suis revenu en France, je me suis mis au rap sous le pseudo de « Youth ».

C’est un truc de famille, ton père, tes cousins…
Oui, c’est familial. On fait tous de la musique. Ma sĹ“ur est aussi danseuse de sega. C’est la meilleure du milieu (rires). Le sega c’est la musique traditionnelle de l’Ă®le Maurice. Elle descend de la musique des esclaves.

Sur « Bonnto », tu te dĂ©cries comme un « mauvais garçon ». C’est-Ă -dire ?
Tu me disais dans « A ses cĂ´tĂ©s », je fais un peu le lover. Dans « Bonnto », je fais aussi le lover… mais voila, quand mĂŞme le lover qui a le cĂ´tĂ© mauvais garçon. Je suis quand mĂŞme plus mauvais garçon que lover dans la vie. Quand je dis mauvais garçon, ce n’est pas mĂ©chant. Je peux briser le cĹ“ur d’une fille. Je veux pas me donner une mauvaise image. J’ai un fort caractère, notamment en amour.

Tu es tatoué.
J’aime beaucoup les tatouages. Quand j’Ă©tais petit, je voulais me faire tatouer mais ma maman m’a dit d’attendre mes 18 ans, de ne pas le faire avant. Dès que j’ai eu 18 ans, j’Ă©tais Ă  Maurice, je me suis fait tatouer le bras. J’ai fait un tatouage Maori avec la carte de mon Ă®le dessus. Mon deuxième tatouage est sur le torse avec Ă©crit « God bless my family » (« Dieu bĂ©nit ma famille ») avec les initiales de mon père, ma mère et ma sĹ“ur.

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Tu fais attention à ton apparence ?
Quand j’Ă©tais petit, ce n’Ă©tait pas important. Je m’Ă©tais juste la capuche ma tĂŞte. Maintenant, j’aime bien m’habiller. Après tu peux me voir en mode « chantier » dans la rue…

Dans les sonoritĂ©s de l’album, ce sera dans la mĂŞme lignĂ©e qu’« A ses cĂ´tĂ©s »  ou d’autres sons qui ne sont pas encore dĂ©voiler?
« A ses cĂ´tĂ©s » s’est du reggae ouvert avec de la pop. Ce sera aussi un peu comme « Bennto », avec du dancehall. Mais il y aura aussi des sonoritĂ©s hip-hop.

Et au niveau des thématiques ?
Je me prends pas la tĂŞte sur le thème quand j’Ă©cris. Il y aura Ă©videmment des chansons sur les femmes, mais il y aura aussi de l’ego-trip. Il y a un son hip-hop un peu plus « bad » oĂą c’est un autre moi. Il y en a de plus « sweet ». Il y a de tout.

La date de sortie, c’est fin d’annĂ©e ?
Si Dieu le veut. Mais on ne sait jamais.

Ton deuxième single est « Tout ». Explique nous le clip.
Il a aussi Ă©tĂ© tournĂ© au Maroc en mĂŞme temps qu’« A ses cĂ´tĂ©s ». C’Ă©tait sur une semaine. Ce titre est très lover, plus que le prĂ©cĂ©dent single. LĂ , je dis qu’il me manque cette personne. J’en rajoute un peu plus. C’est un personnage… Non en fait, j’avoue… j’ai pensĂ© Ă  quelqu’un.

Propos recueillis et photo couverture par Nicolas Dumas.

Ecrit par Nicolas D.

Nicolas est un journaliste qui écrit sur la musique pop, le r'n'b et la variété française et internationale.