Oh Dear Vegas! interpelle. Oh Dear Vegas! fait planer. Oh Dear Vegas! veut partager « un moment » avec son public. Nous retrouvons le duo à l’hôtel Eugène en Ville dans le 9e arrondissement de Paris. La trentaine, les deux membres se considèrent comme des « vieux », moins pris par le « côté viscéral » de la musique et plus posé pour présenter un « vrai développement artistique ». Amateurs de blagues, Davy et Séb ne manquent pas de nous faire rire pendant notre entretien qui durera plus longtemps que prévu, absorbé par leur discours et leur lucidité. Tout y passe, de leur expérience américaine — le groupe était prêt à signer avec Interscope –, la débrouillardise et leur collaboration avec Matthieu Tosi, du groupe We Are I.V et producteur au sein des Skydancers. Le groupe a sorti son premier EP « Summer Wolves » proposant trois titres et une version acoustique. « Olindo » est leur premier single, il est complété de « Farewell Summer » ft. Lisa Milo (avec version acoustique) et de « Sometimes (Xyiluvu) ». « Rien ne va plus. »

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Davy et Séb propose leur premier EP « Summer Wolves ». Photo N. Dumas

Aritmuzik.fr Le groupe se forme en 2010. Nous sommes en 2016. Que s’est-il passé entre temps ?

Davy : Il y a eu une vie avant Oh Dear Vegas! (écrit en ODV par la suite, NDLR). Une vie séparée.

Séb : Comme un couple.

D. : On avait des projets musicaux qui se sont stoppés. Et des amis communs nous ont dit : « Il y a un mec qui cherche un groupe ».

S. : On n’était pas du tout dans la même région. Moi, j’étais sur Tours et l’Ile de France. Et Davy sur le Calvados.

D., il reprend : Vous devriez vous rencontrer car ça fonctionnerait. On s’est échangé les numéros. On s’est appelé. D’un truc qui aurait du durer 5 minutes, on a parlé 3 heures au téléphone. C’est le genre de coups de téléphone dont tu sais – ça fait un peu gay, ou un peu mélo – que ce mec est inscrit dans la durée dans ta vie.

S. : C’est un tournant.

D. : C’est un moment charnière. C’est exactement, ce qu’il s’est passé. On a parlé musique, on a pré-construit ce projet là, on a posé des bases de projet, alors que l’on ne s’était jamais vu. Séb a pris son sac, il est venu. On s’est rencontré. On s’est apprécié. On a le même humour. Il est inscrit dans ma vie. On passe une journée sans s’appeler.

C’est comme un couple.

S. : C’est ça.

D. : Ça fait hyper-bizarre de dire ça, pour les hétéros que l’on est.

S. : On a même vécu en coloc pendant un an.

D. : Ce que disent nos meufs respectives, c’est que si l’on était gay, on serait ensemble. Mais on ne l’est pas. On est rassemblé autours d’un projet mais pas que pour le projet. Il y a plein de chose pour lequel, on est raccord tout le temps. S’il y en a un qui est bas, tu sais que l’autre est haut. Et inversement. ODV, c’est ça. C’est la complémentarité du groupe. Tu as de la dualité tout le temps, mais de la dualité à l’équilibre. S’il y a un truc que je ne sais pas faire, il sait le faire. S’il y a un truc auquel je n’ai pas pensé. On partage un égo, un univers, un cerveau à deux. On se complète parfaitement.

S. : Des siamois détachés. Les siamois de la musique. (rires)

D. : Cette histoire, elle est bizarre, elle est pas marketée.

S. : Au niveau du groupe, on a commencé à composer à partir de la séparation de nos groupes respectifs. On était assez dans le rock basique puis on a évolué avec des musiciens. On a déménagé. On est parti à Los Angeles, une fois. Puis on est reparti à Los Angeles, une deuxième fois. C’est une grande aventure. On n’a pas de regret en regardant en arrière, car au final si l’on n’avait pas eu tel musique avec qui ça ne fonctionnait pas, on n’aurait sans doute pas rencontrer une autre personne. Si c’était à refaire, il faudrait refaire les mêmes erreurs pour en arriver à ici. Ce que l’on vit, c’est comme une vie de couple, sans la baise (rires).

D. : On est comme Laurent Voulzy et Alain Souchon.

S. : Voilà Laurent Vouzon et Alain Souchy. (rires)

Justement…

S. : Tu voulais parler d’humour de merde ? (rires)

(Rires) Les États-Unis, c’est l’une des étapes.

S. : C’est une grosse étape. On a du très haut et du très bas. Comment on va payer les billets ? Qui fait quoi ? Quand on est parti, on n’avait pas de label.

D. : C’est pas nous qui avions pris l’initiative. C’est un mec qui nous contacter en nous disant : « Venez aux États-Unis, on va faire un truc, ça va être ouf et compagnie… ». Nous, on n’y a pas cru à la base. La préparation a duré six mois.

S. : Entre le premier contact et notre arrivée aux États-Unis, ça a mis un an. C’était à l’époque du nouveau Myspace, le gars était tombé sur nous. Il avait flashé.

D. : On a vécu ça comme la promesse quand tu commences à jouer dans un bar et qu’un mec vient te voir et te dit : « Je connais super bien Johnny, vient voir … ». Nous, c’était pareil. On a pris le mec de loin, en disant : « Ouais. Ouais. Les États-Unis c’est super bien. ».

S. : Volontaire, Davy avait programmé ses vacances à Los Angeles. Il a mêlé l’utile à l’agréable en rencontrant ce mec.

D. : Ce mec, nous disait que tout était possible car il connaissait du monde.

S. : Il t’a surtout fait monter dans les bureaux d’Interscope (un label du groupe Universal Music, ndlr). C’est là, que tu te dis qu’il se passe un truc de concret.

D. : On déclenche une première période de concert où ça se passe plutôt bien, puis une deuxième période. Ça ne s’est pas concrétisé, parce que l’on a vu le contrat. On l’a vu posé, on a eu des bases. On a eu des propositions qui ne nous paraissaient pas acceptable… On s’est dégonflé. On a eu peur.

S. : Il y avait des trucs un peu louche.

C’était une grosse maison de disque pour ce contrat ?

D. : Toujours chez Interscope.

S. : Il y avait un contrat de management et ça impliquait un changement de vie pour cinq personnes.

D. : Peu importe le contrat, ce qui était difficile à admettre, c’est que l’on était quand même à 8000 kilomètres de chez nous et que l’on sentait que ça aller devenir compliquer d’être loin de nos familles. On ne trouvait pas la sécurité que l’on avait besoin. Ils ont pas su nous rassurer sur certains points qui nous paraissaient essentiels dans le déracinement. Comment on allait faire pour nos compagnes ?

Ce n’était pas le bon moment ?

D. : Est-ce qu’il y aurait eu un bon moment ? Je ne suis pas convaincu. Comme on ne porte pas de messages, comme on n’a pas d’égo, comme on ne fait pas de la musique pour devenir des rocks star. Nous, on fait du divertissement.

S. : Je pense que l’on était pas désespéré en fait. On n’était pas assez « no life », le gars qui n’a pas de famille, le gars qui n’a rien et qui se dit que de toute façon si ça ne fonctionne pas, il ira jouer dans le métro. C’est ce que nous disait notre manager de l’époque de Los Angeles : « Il y a tel groupe, ou tel groupe… eux pendant six mois, ils habitaient dans un garage. Vous pourriez faire ça. » En gros, on nous proposait quelque chose musicalement, mais au niveau de notre vie, on n’avait rien. Ils ne s’occupaient pas des papiers. Ils ne nous disaient rien. « Vous vous débrouillez seul pour tout, sauf qu’au niveau musique vous aurez ça ». Ça ne nous suffisait pas.

D. : C’est pas ce dont on avait envie. On a envie d’être dans le partage et dans un truc léger parce que l’on n’apporte pas un message. On ne porte pas de révolution musicale. Quand tu écoutes ODV, tu te dis pas : « Waouh, c’est des génies eux ». On n’a rien réinventé, à part te coller un sourire sur le visage et te dire : « C’est intéressant » ou « Ha! J’ai passé un bon moment ». Peu importe, ce que tu en as pensé où comment tu l’as vécu mais il s’est passé quelque chose. Ça rejoint aussi notre nom. Le fait que l’on interpelle. C’est ce que l’on veut faire passer. Transmission et divertissement.

Maintenant, vous avez signé avec quel label ?

D. : Avec Telquel.

S. : C’est un sous-label de chez Sony (label indépendant distribué par Sony, concurrent d’Universal, NDLR). On passe de la grosse firme à une petite.

D. : En gros, on a pas eu à chercher de label. C’est Gaël qui est un ami avant tout, qui nous suit depuis quelques années et qui nous a dit que ce serait bien de faire quelque chose ensemble. Il attendait probablement les chansons qui lui feraient dire : « Ça peut fonctionner ». Que l’on puisse véhiculer l’image d’ODV à travers ces titres là. Ce que l’on a amené avant ne correspondait peut-être pas au marché. Tous ces trucs que l’on ne comprend pas vraiment. Parce que nous quand on fait un live, on fait un live. Il faut dire que faire « Farewell Summer » et « Olindo », lui ont plu. Qu’il voulait essayer avec ces titres. On verra ce que ça donne.

D’où la sortie de l’EP.

D. : Effectivement, l’EP qui sort avec une autre chanson que l’on a écrite, il y a quelques temps et qui s’appelle « Sometimes ». Elle est un peu plus dense. En 2011, on avait sorti un titre qui s’appelle « Shower » et qui a vraiment bien marché auprès des fans.

S. : C’est une chanson qui a un univers, qui apporte quelque chose de différent.

D. : Elle a une grosse aura. On voulait retrouver cette ambiance là. On était dans la mécanique…

S. : … Gros hits, gros hits…

D. : … et on voulait quelque chose d’un peu plus…

S. : Pour représenter ODV, il ne faut pas faire que du happy, du up-tempo. Il faut aussi des mid-tempo.

D. : … un peu plus profond.

S. : Qui te charge en émotion. Qui te met la larme à l’œil… en fonction de ce que tu as vécu dix minutes avant.

D. : Si quand tu découvres un groupe et que tu as l’impression d’écouter quatre fois la même chanson… ça devient vite saoulant.

S. : Oui, tu es vite fatigué. C’est comme écouter le premier album (« Cheshire Cat », NDLR) de Blink-182. A la fin, tu n’en peux plus. Alors que écoutées séparément, les chansons sont superbes.

Vous collaborez avec Matthieu Tosi, qui fait parti de la bande de production Skydancers et qui est dans le groupe We Are I.V depuis 2011.

D. : C’est le membre caché. C’est le troisième. C’est le mec caché qui est dans les cuisines et que l’on ne montre pas. ODV, c’est ça. Il y a nous deux qui sont dans la lumière, mais ODV n’existe pas sans Matthieu Tosi. C’est quelqu’un qui amène, c’est quelqu’un qui a compris… En fait, c’est le seul mec qui a compris ce que l’on essaie de faire passer comme message. Il est arrivé à mettre un son sur une envie. L’envie de plaire, l’envie de divertir,c ‘est l’envie de faire passer aux gens un bon moment. On ne conçoit pas de travailler avec quelqu’un d’autre aujourd’hui. C’est comme dissocié Nigel Godrich de Radiohead. Il y a toujours un mec derrière. Ce que l’on fait, on ne le fait pas seul.

Retrouvez nos articles sur We Are I.V et Skydancers

Comment se fait la répartition des tâches ?

D. : C’est à trois dans une pièce. On est tous multi-instrumentistes. Il n’y a pas de répartition de tâche. Chacun amène le truc qui fait que c’est une succession d’idées. Le premier va commencer par faire un truc. Sur « Olindo », c’est la mandoline qui part. Et tout s’enchaîne. C’est une sorte de puzzle où l’on est trois autour de la table et chacun pose ses briques.

S. : Il se peut que je fasse un yaourt vocal et que ce ne soit pas moi qui le chante à la fin. La répartition peut changer en concert pour les instruments.

D. : Séb est plus live, moi plus studio. Le studio, c’est le moment où l’on voit le morceau se modeler. Une peinture à trois. C’est intéressant. On le fait très bien à trois. On pré-charge souvent des idées avant d’aller rencontrer Matthieu.

S. : C’est de la maquette. On apporte quelque chose avec une ébauche d’âme, mais il va falloir faire la structure, il va falloir habiller le truc. C’est tellement facile de travailler avec lui aussi. Quand tu vas travailler chez Matthieu, donc chez les Skydancers, tu es à la maison. Nous, on dort dans le salon, on se sent comme chez nous.

D. : Ce sont des humains, ce sont des vrais gens. Ils ne passent pas de message comme nous, il n’y a pas d’ego. On est là pour servir la musique parce que l’on a envie de faire plaisir aux gens. C’est une histoire d’amour du début à la fin. Ce sont des gens qui sont dans une pièce et on a envie de transmettre quelque chose. C’est de la bienveillance, c’est de l’amour, c’est du bonheur. On est content de ne plus collaborer avec des gens casse-couille, on en a croisé tellement…

S. : C’est compliqué aussi de faire quelque chose de bien si tu n’es pas à l’aise, avec la personne, avec le lieu. Je ne suis pas sûr de faire un super boulot dans un studio immense avec un inconnu et une console de 200 pistes. Là, on est à la maison, on enregistre dans une pièce avec un matelas debout pour le son. Il n’y a pas mieux.

D. : Je pense qu’il y a plein de collaboration que l’on ne pourrait pas faire, et que l’on refuserait de faire. On se dit que ça ne marchera pas car il y a une valeur de base que l’on ne partage pas. Ça peut être mal interprété mais pour nous c’est hyper-important.

S. : Il faut que ce soit simple.

D. : J’espère qu’on le sent dans les chansons, parce que moi, je le sens bien.

Il est dans le groupe We Are I.V et en tant que producteur Skydancers.

D. : On s’est pas trop les doser sur scène… Ils sont redoutables. Nous, on les connaît, ce sont des gens avec une vraie âme et une vraie profondeur.

S. : On les a vu se créer parce qu’en 2011, Skydancers n’existait pas, We Are I.V n’existait pas. Mais Jean-Noël et Laurent (les deux sont frères, NDLR) travaillaient dans le studio B, on voyait tous ces gens qui se croisaient.

D. : On a grandi ensemble…

Oh Dear Vegas!, c’est avant tout pour vous ou composer pour d’autres vous intéresses aussi ?

S. : Pour l’instant, c’est pour nos propres chansons.

D. : Il y a eu plein de tentatives.

S. : C’est difficile d’écrire pour les autres, quand ton propre projet n’est pas encore sorti. Tu as toujours cette petite voix qui te dit : « Cette chanson, je l’aime vraiment beaucoup… j’ai pas spécialement envie de la donner à quelqu’un d’autre ». Tu peux te le permettre quand ton premier album a cartonné et que l’on te le demande. Il y en a beaucoup qui filent de vieilles chansons. Tient, une vieille chanson écrite par le mec super connu parce qu’il ne l’a pas voulu pour son album.

D. : Par exemple « Olindo » aurait pu être vendue aux États-Unis à une espèce de Katy Perry naissante. C’est compliqué. On veut garder nos titres parce qu’on défend notre projet d’abord avant d’aller soutenir quelqu’un d’autre. Ça fait 6 ans que le groupe existe mais il y a tout un travail, on est toujours dans le doute. Ça prend des jours et des jours à se revoir, à peaufiner des détails. La condition de départ, c’est de dire que si l’on fait un morceau, on veut un bon son. Un son où l’on entend qu’il y a une production, du travail. Ça prend du temps. Quand on prépare un spectacle, il nous faut six mois pour préparer 45 minutes. On est dans un système très autonome. Un fois que le show est lancé, on peut pas s’arrêter. Souvent, on complique.

S. : On essaie de rajouter l’aspect vidéo au live.

Vous parliez de chanteuses comme Katy Perry… Votre musique fait penser à de la pop internationale qui pourrait être chanté par une chanteuse comme Katy Perry.

S., en se plaisantant : J’ai eu Katy, hier au téléphone… elle est pas prête de recevoir ma musique.

D. : On n’est pas prêt pour ça. On a déjà du mal pour nous d’écrire une belle et bonne chanson. On n’a pas la prétention de savoir écrire pour quelqu’un d’autre que nous.

S. : On n’a pas la prétention de sortir que des tubes, alors si l’on en a un ou deux, on préfère les garder pour nous. Quand on est peu connu, il faut sortir ta meilleure chanson. Ça m’embête de donner cette meilleure chanson.

D. : ODV c’est un projet pour amener de nous à quelqu’un.

Donc là, c’est sorti de l’EP et les concerts, c’est une étape.

S. : C’est une étape importante. Mais c’est aussi le cheminement. On est sur la petite pente qui monte gentiment.

D. : On prend le temps de murir, c’est pas comme quand tu sors un hit et que tu chutes parce que le deuxième est pas bon… On suit le cour.

S. : A chaque fois, on rebondit.

D. : La médiatisation en soi n’est pas une fin pour nous. C’est un parcours de vie. Les États-Unis, ça a été dur sur certains aspects, mais on a beaucoup appris. Quand on était en France, avec nos groupes on pouvait faire deux heures de balances. Aux États-Unis, tu as dix minutes de line check, tu as plutôt intérêt de te brancher et de jouer et être bon ou tu dégages. Ça nous a appris l’efficacité, toujours aller à l’essentiel. On se dit que cette expérience là, nous met à l’aise maintenant.

S. : Le prochain palier, c’est normalement la sorti du deuxième single. Ce n’est ni à très long terme ni à très court terme.

D. : Peu importe le prochain palier, cet EP peut aussi être mal perçu, mais ça ne sera pas une mauvaise étape pour nous, parce que la musique ça fait des années que l’on en fait et ça ne nous empêchera pas d’en faire. On ne cherche pas la reconnaissance. Pour nous, quand on passe une heure avec des spectateurs dans une salle de concert, l’essentiel c’est qu’à la sortie, les gens nous disent qu’ils ont passé un bon moment, que c’était cool.

S. : Ça vaut toutes les sorties… Comme on n’a pas tout misé sur les sorties d’EP et d’album. Automatiquement, si tu ne joues pas ta vie dessus et que ça ne marche pas, tu n’es pas déçu. On a appris avec le temps… Dans nos anciens groupes, quand on sortait un EP, je l’envoyais à tout le monde. Je les envoyais même à Nagui…

D. : Toutes ces désillusion d’artiste, on ne les a plus. Justement, nos groupes qui se sont casés la gueule, on était dans la défense de notre art d’une manière presque charnelle.

S. : La moindre critique, tu l’as prend mal.

D. : Or l’idée de ce groupe, c’est qu’on voulait défendre un moment, une transmission. Et que ça prend, ou que ça ne prend pas. La victoire ne réside pas dans le fait que tu vends 50000 albums ou 50000 EP… En 2011, je te raconte ce moment là, parce que même si l’on gagnait une Victoire de la musique avec « Olindo », ça me ferait moins d’effets… Une dame, nous envoie un message sur notre Facebook en nous disant : « Merci. Je vous connais depuis longtemps. Vous avez sorti « Shower ». J’ai eu un cancer et cette chanson m’a aidé pendant toute ma chimiothérapie. » Je repense à çà, et c’est une victoire qu’une seule personne nous dise : « Vous m’avez fait tenir grâce à cette chanson. » Los Angeles, le machin, c’est rien par rapport à cette dame là. Le reste ne veut rien dire.

S. : Ce qu’on lui a apporté, elle nous l’apporte aussi.

D. : On est plutôt sage et serein, ce qui permet un vrai développement artistique. Le côté viscéral, ça fait mal au projet, ça fait mal à soi. C’est des ascenseurs émotionnels qui te tue.

S. : Tu sors de studio, tu penses que c’est la chanson de l’année. Tu l’as fait écouté et on te dit : « C’est de la merde ». Tu le prends très mal.

D. : C’est notre côté vieux.

Propos recueillis par Nicolas Dumas

Ecrit par Nicolas D.

Nicolas est un journaliste qui écrit sur la musique pop, le r'n'b' et la variété française et internationale.