Si l’on vous parle de Dalvin Bruno et de Jordan Houyez, c’est pour leur formation Loyal. Vous ne les connaissez – sans doute – pas, mais vous les avez – sans doute – dĂ©jĂ  Ă©couter des titres que Dalvin et Jordan ont produit. Pour Dalvin, il y a « Danse » ou « A l’internationale » pour Tal, « Obrigado la famile » ou « Boom » de David Carreira. Pour Jordan « Trackstorm », il y a « They Talk Shit About Me » ou « Sur ma route » pour M. Pokora, « Mental d’acier » pour Shy’m. Dalvin et Jordan ont aussi Ă©crit pour Shaggy sur « Tapage nocturne » ft. Black M et Trackstorm. Lunettes de soleil visĂ©es, Loyal prend la pose pour notre photo dans l’hĂŽtel Platine au design hollywoodien rĂ©tro Ă  deux pas du centre commercial Beaugrenelle dans 15e arrondissement de Paris. On aborde avec eux dans cet entretien, leur rencontre, l’enregistrement de leur premier single et les relations qu’ils ont avec le chanteur et producteur de musique Gary Fico.

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Loyal est composé de Jordan et Dalvin. Photo Nicolas Dumas

Aritmuzik. Loyal ! Pourquoi s’appeler Loyal ?

Jordan Houyez : Ça nous correspondait bien. Dans le sens oĂč que depuis que l’on fait de la musique, depuis que l’on est producteur, nous avons toujours essayer d’ĂȘtre honnĂȘte avec les gens du milieu. Ce nom s’apprĂȘtait bien Ă  notre identitĂ©. On est des gens honnĂȘtes, et je pense que Loyal, ça correspondait bien.

Dalvin Bruno : On a cherchĂ© peut-ĂȘtre une cinquantaine de nom et puis quand on est tombĂ© sur ce nom ; quand Jordan me l’a envoyĂ© un soir, on s’est tout de suite dit que c’Ă©tait le bon.

Ce n’est jamais Ă©vident de trouver LE nom.

J. : C’est souvent une galĂšre
 C’est vrai que pour nous, ce n’est pas arriver immĂ©diatement. Mais une fois que l’on est tombĂ© dessus, on Ă©tait d’accord.

Vous vous ĂȘtes rencontrĂ© lors d’une sĂ©ance studio en 2013 Ă  Atlanta. Expliquez nous cette rencontre.

J. : C’est un peu le hasard. Le milieu est petit donc on a forcĂ©ment des connaissances en commun. A cette Ă©poque, j’habitais Atlanta. Et Dalvin est venu Ă  Atlanta pour travailler avec des artistes. On s’est croisĂ© en studio. Vu que l’on est Français, on a fait connaissance, Ă©changer des idĂ©es et l’on s’est dit pourquoi pas faire des morceaux. Le groupe ne s’est pas formĂ© tout de suite ; c’est Ă  force de faire des titres qu’Ă  notre retour en France, on s’est dit pourquoi pas bosser ensemble sur un projet. Quand on travaille comme producteur, on est souvent limité ; lĂ , c’est l’occasion sur ce projet d’aller jusqu’au bout de nos idĂ©es.

C’est Ă  dire « limité » ?

J. : LimitĂ© Ă  ce que veux l’artiste, Ă  ce que veux la maison de disque. LĂ , on est artiste donc on fait « ce que l’on veut », on choisit les instruments, les formats. On va jusqu’au bout de nos idĂ©es.

Une grosse partie de votre travail est la production. Est-ce que ça vous permet d’ĂȘtre plus Ă  l’aise pour travailler sur vos titres ?

D. : CarrĂ©ment. On est plus dĂ©tendu. Il y a moins cette pression de la maison de disque. Pour nous, tout est possible. On s’arrĂȘte lorsque l’on aime. C’est le rĂȘve de chaque artistes de faire quelque chose sans contrainte.

Comment s’est passĂ© la signature avec le label PlayOn ?

D. : On a d’abord lancĂ© le morceau par nous-mĂȘme. Sans forcĂ©ment vouloir une maison de disque. Deux jours aprĂšs on a eu une proposition de PlayOn. Ils nous accompagnent sur ce titre.

C’Ă©tait pour eux, une vraie envie.

D. : C’est ça. DĂšs le dĂ©part, lorsque l’on s’est rencontrĂ© avec Jordan. On s’Ă©tait dit que l’on faisait de la musique pour notre plaisir personnel. On a fait cette chanson. On a fait le clip et on l’a lancĂ© sans cibler. La maison de disque a fait appel Ă  nous, et on a eu aussi un beau coup de cƓur de Virgin Radio qui nous a suivi sur le lancement. C’Ă©tait parfait.

L’aide d’une radio, c’est un plus pour lancer un titre.

D. : C’est super cool.

J. : Ça permet de se faire connaütre plus largement.

Est-ce que vous le ressentez ?

D. : On n’est pas hyper mĂ©diatisĂ©, donc c’est un bon dĂ©but. L’expĂ©rience d’avoir Ă©tait producteur, ça nous permet d’ĂȘtre moins dans l’euphorie. On ne scrute pas les rĂ©seaux sociaux toutes les heures. On ne fait pas attention Ă  cela. On veut juste partager notre feeling.

Plus de 500 000 vues pour votre clip « You », c’est trĂšs bien pour un clip français.

D. : C’est un bel accueil.

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Sara’h (ex Princess Sarah) participe au premier single « You ».

Vous avez travailler avec Sara’h (ex-Princess Sarah). Comment vous ĂȘtes-vous rencontré ?

D. : On travaille dans le mĂȘme bĂątiment, nos studios sont collĂ©s.

J. : Dans les studios, tout le monde se rencontre. On s’Ă©coute. On voulait faire une autre version de « You » et c’est tombĂ© au bon moment. Avec Dalvin, on s’est dit que c’Ă©tait avec elle qu’il fallait que l’on fasse l’autre version de « You ». On lui a demandĂ©, elle a acceptĂ©.

D. : Tout cela c’est passĂ© hyper vite
 Un soir on l’a rencontrĂ©, on a Ă©coutĂ© mutuellement ce que l’on faisait. On lui a proposĂ©. Elle a acceptĂ©. Le morceau a Ă©tĂ© enregistrĂ© dans la foulĂ©e. On l’a fini en deux jours.

Vous ĂȘtes dans l’Ă©curie Famous Famer. Comment ça se passe avec Gary Fico (« Le mĂȘme que moi », Tal, David Carrera) ?

D. : Chacun a son rĂŽle bien dĂ©fini. Nous les producteurs, Gary qui est aussi dans la production s’occupe aussi d’aller dĂ©fendre les projets. Il connaĂźt vraiment ce monde obscur. De notre cĂŽtĂ©, on est essentiellement Ă  la maison, dans nos studios en train de composer, de crĂ©er de nouvelles tendances. Tout se fait dans une parfaite alchimie parce que personne n’empiĂšte sur le rĂŽle de l’autre.

AprĂšs ce premier titre, c’est quoi les Ă©tapes d’aprĂšs ?

J. : C’est toujours continuer Ă  faire d’autres titres. On a toujours des titres qui sont en construction. Je pense que l’on va sortir un deuxiĂšme morceau. Viendra soit un troisiĂšme, soit un album. En tout cas, il y a dĂ©jĂ  des morceaux qui sont prĂȘts, d’autres en construction et que l’on compte bien partager.

Quel est la tonalité de ces morceaux ?

D. : Il y a toujours ce cĂŽtĂ© guitare, c’est sans doute ce qui nous dĂ©fini comme Ă©tant Loyal. Ce cĂŽtĂ© pop.

J. : Ce cÎté acoustique. Il y a toujours de la positivité dans les morceaux.

C’est important d’avoir de la positivitĂ© dans les morceaux ?

J. : Pour nous oui. On le ressent comme ça, on le vit comme ça.

D. : Il y a aussi des sonoritĂ©s hip-hop, soul, afro
 Pas forcĂ©ment que dans la musique, mais aussi dans la voix. On mĂ©lange tous les styles, que ce soit dans la voix, dans les styles, dans la rythmique, dans la façon d’aller chercher le son de la guitare, le son des instruments. C’est un travail extrĂȘmement poussĂ©.

C’est quoi la rĂ©partition du travail ?

D. : Chacun travaille de son cĂŽtĂ© dans un premier temps. Je travaille essentiellement la voix, Jordan travaille tout ce qui est instrument. Une fois que l’on a des Ă©bauches qui nous plaisent chacun de notre cĂŽtĂ©, on s’envoie une dĂ©mo. Si la dĂ©mo nous va, on finit en studio ensemble.

Pour la voix, c’est un texte, du yaourt ?

D. : En gĂ©nĂ©ral, je vais jusqu’au texte. Je le peaufine au fur et Ă  mesure. Il faut qu’il y ait une positivitĂ© quelque part. J’envoie Ă  Jordan les premiĂšres Ă©bauches de mon a cappella et il rajoute ce qu’il faut pour donner de la couleur.

Et quand vous partez d’une composition ?

D. : Je ne sais mĂȘme pas comment Jordan fait.

J. : Il n’y a pas de recettes. Quand il m’envoie un truc, ça m’inspire, je pose mes idĂ©es immĂ©diatement. AprĂšs que ce soit techniquement parlant des percussions, du piano ou de la guitare, il n’y a pas vraiment de rĂšgle. Le morceau se construit Ă©tape par Ă©tape.

D. : Quand je lui envoie mon a cappella, je ne sais absolument pas à quoi ça va ressembler.

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C’est une dĂ©couverte au fur et Ă  mesure.

D. : C’est un Ă©change, c’est le rĂȘve de chaque artiste.

J. : C’est pareil pour moi. Quand je lui envoie des idĂ©es d’instrumentales, je pense qu’elles peuvent collĂ©es Ă  notre dĂ©lire. Je lui demande ce qu’il pense, si ça lui parle ; je ne sais pas ce qu’il peut faire. Je lui fais confiance et je suis toujours agrĂ©ablement surpris.

Est-ce que vous avez le petit truc qui vous dit : « Je n’ai pas envie de donner cette chanson » ?

J. : Toujours.

D. : Bien sĂ»r. Mais on ne le fait plus. On a confiance en notre crĂ©ativitĂ©. On a plus le soucis de vouloir garder parce que l’on n’est pas sĂ»r de faire mieux plus tard. Quand on est accompli en tant qu’artiste, on n’a plus ce problĂšme quand on fait des sons. On sait que l’on va en faire un autre, peut-ĂȘtre aussi fort, peut-ĂȘtre moins bien.

J. : C’est vrai qu’avant, j’avais tendance Ă  vouloir garder des titres, lorsque j’avais une sensibilitĂ© particuliĂšre. Je prĂ©fĂ©rais ne pas le donner Ă  tel ou tel artiste. C’est une erreur. Les idĂ©es sont infinies. On se fait confiance. On sait que l’on fera autre chose.

En ce moment, vous ĂȘtes essentiellement sur Loyal ?

D. : Sur Loyal. Comme on produit tout le temps, on a un petit stock de chansons, ce qui nous permet de se concentrer exclusivement sur Loyal.

Vous aimeriez collaborer avec qui ?

D. : On en parle souvent, on aimerait collaborer avec CĂ©line Dion. On veut ĂȘtre les petits frenchies qui travaille avec elle dans le monde. On aimerait bien. Bien sĂ»r qu’il y a d’autres artistes que l’on suit en France et en Europe. Et notre premier mĂ©tier, c’est de produire des artistes.

Le fait d’ĂȘtre vous sur le devant de la scĂšne, est-ce que ça vous permet de mieux comprendre les chanteurs ?

D. : On le prend toujours de la mĂȘme maniĂšre. Toujours Ă  100 %. On essaie toujours de donner le maximum. Quand on bosse avec un artiste, on apprend tellement, on s’amĂ©liore sur tellement de chose. Il faut le prendre comme quelque chose de nouveau Ă  chaque fois. C’est un Ă©change.

La scĂšne…

J. : C’est prĂ©vu.


 pour un futur proche ?

J. : Un futur proche.

D. : On a hùte de ça.

C’est une Ă©tape supplĂ©mentaire


J. : On a dĂ©jĂ  fait de la scĂšne, pas sous Loyal, mais on l’a dĂ©jĂ  fait. J’Ă©tais guitariste pour chaque fĂȘte de la musique. Je reprenais des artistes qui me faisait rĂȘver comme Michael Jackson, mais aussi du mĂ©tal comme Metallica ou Guns N’ Roses.

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Quels sont vos influences ?

J. : Il n’y a pas un artiste prĂ©cis.

D. : Les grands
 Michael Jackson qui est tatouĂ© lĂ . (Dalvin montre son avant bras oĂč est inscrit le nom de Michael Jackson, NDLR) Quand on grandit comme artiste, on essaie d’ĂȘtre un peu plus soi-mĂȘme en crĂ©ativitĂ©, sans justement se servir de toutes ses influences. Je respecte Michael Jackson au point de le mettre sur ma peau. Mais je veux une crĂ©ation qui vient Ă  100 % de moi. Jordan, c’est pareil.

J. : Rien ne se crĂ©e tout se transforme. Tout part de ce que l’on a Ă©coutĂ© Ă©tant jeune.

D. : Plus on Ă©coute des artistes diffĂ©rents et plus on aura une capacitĂ© Ă  crĂ©er par nous mĂȘme sans copier.

J. : C’est des influences lointaines.

S’il y a un long format. Ce sera pour quand ?

J. : Pas de date de prĂ©cise. Ça dĂ©pends des retours.

D. : L’album peut ĂȘtre prĂȘt dans une semaine
 mais il y a des Ă©tapes Ă  respecter. On sort un premier single, peut-ĂȘtre un deuxiĂšme, peut-ĂȘtre l’album
 Quoiqu’il arrive, on est productif. Donc s’il faut le faire rapidement, on le fera. On ne donnera pas de la « merde ». AprĂšs, c’est du perfectionnisme, creuser dans le morceau. Les bases sont dĂ©jĂ  lĂ . La chance que l’on a, c’est que l’on a un studio oĂč l’on peut aller jusqu’au bout de la fabrication. Enregistrer, mixer.

J. : On a chacun un studio dans nos maisons et on a un studio en commun.

Vous écoutez quoi en ce moment ?

D. : J’ai tout coupĂ©. Je me concentre sur Loyal, depuis deux mois.

Ridsa, nous a dit pareil.

D. : J’Ă©coute que du Jazz. MĂȘme Ă©couter de la musique neutre, j’ai du mal. Ça va me faire cogiter.

J. : On a peur de rentrer dans un format ou d’ĂȘtre limitĂ© Ă  la crĂ©ation. En rĂ©alitĂ©, j’essaie de ne pas trop Ă©couter ce qui sort en ce moment.

D. : AprĂšs on ne peut pas Ă©teindre nos oreilles
 (rires)

Propos recueillis par Nicolas Dumas.

Ecrit par Nicolas D.

Nicolas est un journaliste qui écrit sur la musique pop, le r'n'b et la variété française et internationale.