Sam Mayer, 28 ans, est un garçon discret dans cette salle de presse. Le rendez-vous est donné au siège de Sony Music France, un bâtiment haussmannien de Paris qui a été modernisé. Dans la cour abritée d’une véranda, le mobilité se veut tendance et design. C’est dans une petite salle que l’on retrouve Sam Mayer tout sourire. Les yeux azur, la « bouille » attendrissante, Sam Mayer vous fera craquer avec sa voix. Il nous livre dans cette interview quelques informations sur son premier album ; la réalisation confiée à Kore, le travail avec le producteur de The Weeknd ou Beyoncé, Danny Boy Styles ou les nordistes de Club Cheval ; le travail d’écriture en solo, avec le chanteur Siméo ou la chanteuse Leslie. Sam Mayer se met à jour en parlant de la disparition de son père à qui il rendra hommage dans une chanson. Avant la sortie de son premier album, il veut nous faire profiter de l’été sur son titre dansant… « Danse ».

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Comment s’est passé la signature chez Columbia, un sous label de Sony ? Et cette sortie d’un premier single « Danse »…
Je travaille avec Kore depuis deux ans. Il a vu une vidéo de moi et m’a convoqué à son studio. Le courant est assez vite passé. On a commencé à faire des maquettes puis on a signé chez Columbia. On a eu envie de sortir un premier single. « Danse » est un single d’été avec plein de couleurs, cool et positif. On voulait vraiment quelque chose de simple. On a fait un clip simple. On n’est pas allé le tourner à l’étranger, on l’a tourné à la Ciotat près de Marseille. On voulait quelque chose de proche des gens. On ne voulait pas quelque chose de technique, du montage avec des effets. On a surtout cherché un titre avec des influences caribéennes. Une production qui puisse faire penser à du Justin Bieber, du Drake. Kore m’a proposé des productions, j’ai flashé sur celle de « Danse ». J’ai eu envie poser une démo. J’ai écrit le texte et puis voilà, ça a donné « Danse ».

Sur tous les autres morceaux, c’est aussi toi qui écrit les textes ?
Je ne suis pas tout seul à écrire, mais j’ai mis ma patte dedans. J’ai composé et j’ai écrit certaines musiques. Après, il y a eu plein d’intervenants. Il y a le groupe Club Cheval qui est intervenu sur la composition. J’ai eu Danny Boy Styles qui a composé aussi, il a travaillé pour The Weeknd. Sur l’écriture, il y a eu Leslie et Siméo. Après comme l’album n’est pas fini, on ne sait pas quel titre va être gardé ou non. Ce n’est pas sûr qu’à la fin les chansons soient sur l’album.

Quel est la tonalité que tu veux donner ?
C’est R&B, pop et soul.

Dans ta présentation, il y a même écrit « R&B élégant »…
… c’est sympa.

C’est à dire. Ça veut dire quoi « R&B élégant » ?
C’est pas du R&B urbain à proprement parler. C’est plus comme du Robin Thicke ou de Justin Timberlake sur « SexyBack » par exemple. C’est pas du « street ». C’est dans ce sens là. Il y a des influences pop et soul. L’album va avoir un côté électro de par ses intervenants ; Club Cheval, Danny Boy Styles, Kore. J’amène le côté organique, le côté acoustique. J’ai fait beaucoup de scène, je jouais avec des musiciens. J’avais le besoin de morceaux acoustiques, j’avais besoin d’ajouter ça. Du coup, il y a des titres très électro et des titres plus organique, plus acoustique.

Est-ce que tu peux revenir sur ton parcours, notamment avant la rencontre avec Kore.
J’ai commencé à chanter tout petit. Ma famille est mélomane. Il y a beaucoup de musiciens, de chanteurs qui le font par passion. J’avais une tante qui a voulu faire ça professionnellement, qui a un peu faire carrière, qui jouait avec des musiciens. Quand je devais avoir cinq ans, elle m’a emmené avec elle à une répétition. C’est un souvenir qui m’a marqué. Puis à l’âge de treize ans, j’ai commencé à beaucoup chanter, sous ma douche et autres… Mon père écoutait beaucoup de chansons de Florent Pagny et notamment sa version de « Caruso ». Un jour, je lui ai chanté. Il a flashé. Mes parents en ont discuté. Ils ont décidé de me mettre sur la voie de la musique. Ils m’ont inscrit à des cours de chants. Ça ne m’a plus jamais quitté. C’est à mes treize ou quatorze ans que j’ai su que j’allais faire ça toute ma vie. Je ne savais pas si j’allais faire carrière ou non, mais j’ai su que je chanterai toute ma vie.

Commencer sa carrière, ça fait quoi ?
Je dirais que c’est un rêve éveillé. De pouvoir chanter ses compositions, d’aller les défendre sur scène, bien qu’il n’y ait pas encore de scènes de prévues… mais je piaffe d’impatience.

D’ailleurs ton côté organique se retrouvera sur scène…
Ça va être, je l’espère, des vrais instruments sur scène. On va mettre tout cela au point, il faut que ça s’affine. J’ai hâte de pouvoir défendre ma musique, mes compositions et ce que j’ai à dire.

Dans « Danse », tu parles de regret, de s’excuser par ce que tu n’as pas été là… Quand tu écris, est-ce que c’est un personnage ou est-ce que c’est toi qui parle ?
C’est un peu des deux. On a tous fait des erreurs dans nos relations amoureuses, on a tous essayé de se faire pardonner. Je me suis un peu livré, j’ai un peu romancé. En général, quand tu essaies de te faire pardonner, tu ne prends pas la chose à la légère. C’est pas comme dans le titre, où je lui demande de me laisser une danse pour qu’elle oublie ce que je t’ai fait. J’avais aussi besoin de quelque chose de léger, malgré la déception du texte.

Dans les thématiques que tu abordes, c’est avant tout les relations amoureuses ?
Je parle beaucoup des relations amoureuses. Je parle aussi de moi, de mon histoire. C’est romancé. Je parlerai de la perte de mon père. Je vais me livrer. C’est un besoin de mélanger les choses légères et de parler de moi. Sur le décès de mon père, je n’en parlerai pas directement mais suffisamment pour qu’on le comprenne. Ce ne sera pas forcément sur toute la chanson, un clin d’œil ou de manière suggéré. J’ai vraiment besoin que mon album me ressemble à 100 %. Je vais parler de choses que j’ai vécu.

Comment se passe ce travail en studio, notamment avec Kore ?
En studio, je propose et il me propose. Quand on a un feeling, on enregistre. J’ai ramené des titres où il a mis sa touche et vice-versa. C’est une vraie collaboration musicale.

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Pour Danny Boy Styles et Club Cheval, comment se sont faites les rencontres ?
L’album de Club Cheval a été réalisé par Kore. On s’est croisé en studio. On s’écoutait mutuellement. On s’est apprécié. Ils m’ont proposé de faire des voix sur des morceaux à eux et moi je leur ai proposé de travailler avec eux. Je leur ai dit que j’aimerai avoir des compositions d’eux dans mon album. Pour Danny Boy Styles, c’est par Kore. La moitié du temps, il est à Miami et l’autre en France. Danny Boy Styles a rencontré Kore à l’époque où Kore travaillait pour Rick Ross. Danny Boy Styles a collaboré sur le même album que Kore. Ils se sont croisés à plusieurs reprises. Kore a parlé de moi à Danny Boy Styles. Je l’ai rencontré. On a parlé, on s’est apprécié artistiquement et on a essayé des choses. Mais tout cela a été possible par le biais de Kore.

Ça peut-être un atout d’avoir des noms comme Kore, Club Cheval qui monte ou Danny Boy Styles sur son album ?
C’est un atout. Mais je ne l’ai pas vu comme un atout. En fait, je l’ai vu comme un artiste qui parle à un autre artiste. On se rencontre, on s’apprécie. A la limite, Danny Boy Styles au début, je ne savais pas qui il était. Je ne savais pas c’était le compositeur de The Weeknd. Il m’a fait écouter des productions et j’ai aimé. Kore m’avait déjà fait écouter ce que Danny Boy Styles faisait. J’étais déjà exister à l’idée de le rencontrer. Lui, il a apprécié ma voix. Pour le coup, il ne savait vraiment pas qui j’étais.

Justement, tu parles de ta voix. Si l’on est là aujourd’hui, c’est aussi parce que ta voix nous a interpellé. Avoir une voix qui marque, c’est un plus. Est-ce que tu en as conscience ?
C’est gentil. Cette voix là, je l’ai depuis que j’ai commencé à chanter. J’ai pas essayé de la lissée. Je sais que j’ai quelques petits défauts. J’ai la voix un peu roque de temps en temps. C’est ce que je suis. J’ai essayé de cultiver le fait que ce soit moi. De rester moi-même, de ne pas me formater. C’est vrai qu’aujourd’hui, il y a des chanteurs qui disent : « Je vais chanter comme un tel »… J’ai toujours voulu chanter comme j’avais envie, sans me dire qu’une façon n’était pas bien. Quand tu commences, il a toujours des gens qui te donnent des conseils. J’ai toujours voulu chanter comme j’avais envie.

Tu disais avoir pris des cours de chants.
C’était avant tout des cours de techniques vocales : la respiration, ne pas se faire mal aux cordes vocales. Quand tu commences à chanter, tu peux te casser la voix si tu chantes mal. J’ai eu une base technique ce qui me permet de chanter sans me fatiguer la voix. Dès que ma prof de chant essayait de me formater, c’était une prof de chant de musique classique, je lui disais que je ne voulais pas l’enlever cette substance, car c’était moi. C’est à dire qu’en classique, il faut un certain vibrato, une voix lisse et parfaite. J’étais quand même à l’écoute des conseils. Depuis mes premières maquettes à maintenant, ma voix est assez identifiable.

Tu écoutes quoi ?
J’écoute des chansons classique. J’ai beaucoup écouté du Stevie Wonder, Donny Hathaway, Sam Cooke, Curtis Mayfield. J’ai écouté beaucoup de chanteurs de soul. J’écoutais aussi du français, moins que de l’anglophone, faut l’avouer. J’ai écouter beaucoup de De Palmas, que j’aime beaucoup, de Teri Moïse, du Gainsbourg, j’adore les textes de Gainsbourg. J’ai des livres avec les textes de Gainsbourg. Après ces influences ne se ressent pas forcément sur ma musique, même dans les textes. Ce sont des artistes dont je suis vraiment fan. Il y a aussi Souchon. J’ai des playlists « Français » et d’ailleurs j’appelle ça « Good french »… (rire)

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Tu connais le nom de ton deuxième single ?
Non pas encore. On ne l’a pas déterminé. L’album n’est pas fini. Je n’ai pas de date de sortie. On préfère faire un album dont on sera à 100 % satisfait. Quand on sera à 100 % satisfait, on aura l’album et on aura peut-être une date de sortie. Pour l’instant, on est encore dans l’élaboration.

Autrement dit, tu enregistres toujours ?
J’enregistre toujours des morceaux, bien qu’ils soient bien avancés. Après il n’est pas tout à fait terminé.

C’est histoire de ?
Peaufiner quelques titres. On veut prendre du recul aussi. Des fois tu aimes bien un titre et quand tu prends du recul, tu ne l’aimes plus. Des fois, tu vas en studio et tu apprécies beaucoup la chanson. Mais quand tu la réécoutes… C’est moins ça. On n’est pas à l’abri non plus d’avoir un titre fort qui arrive au dernier moment. Tant que l’album n’est pas mixé, masterisé… On ne sait jamais ce qui peut arriver.

#Playlist

Drake – « One Dance »

Je l’adore ! J’aime bien le côté caribéen. Je suis fan de Drake.

Justin Timberlake – « Can’t Stop the Feeling »

J’aime bien tout ce qui est un peu funky. Il me fait penser au « Happy » de Pharrell. « Happy » quand il est sorti, il n’avait rien avoir avec ce qu’il se faisait à l’époque. Puis ça a fait un tube. J’ai l’impression que sur « Can’t Stop the Feeling », c’est une sorte d’« accident ». Ces deux chansons sont pour des films animés. Ces mecs là ont fait ça pour s’amuser. Je pense que c’est pour ça qu’il y a cette énergie dans ces titres. L’énergie.

Propos recueillis par Nicolas Dumas.

Ecrit par Nicolas D.

Nicolas est un journaliste qui écrit sur la musique pop, le r'n'b' et la variété française et internationale.