Slimane, grand vainqueur de la dernière saison de The Voice, dĂ©voile aujourd’hui son premier album studio « À bout de rĂŞves ». Cet album est d’ores-et-dĂ©jĂ  portĂ© par deux singles « Paname » et « Le Vide ». Comme Stromae, mais sans le cĂ´tĂ© Ă©lectro, on peut dire que sa musique est inspirĂ©e de Jacques Brel, la chanson française. Co-rĂ©alisĂ© par La Peruche (Valentin Marceau et MickaĂ«l Cohen), Slimane signe quasi toutes les chansons. C’est sans doute un album sorti rapidement, mais pas dans la prĂ©cipitation. Valentin Marceau et Slimane se connaissent depuis la tentative de comĂ©die musicale « Marie-Antoinette et le chevalier de la Maison rouge » sur laquelle ils interprĂ©taient ensemble « La France ». Le travail avait dĂ» commencer il y a quelque temps…

« Il paraĂ®t que j’ai le flow de Stromae et aussi volĂ© le refrain d’Ridsa (Ridsa a sorti « Je m’en fous », NDLR) (…) que c’est la prod qui m’a fait gagner. Il paraĂ®t que j’ai volĂ© ma place et que les dix ans de galère ne comptent mĂŞme pas », interpelle Slimane sur « On s’en fout ». De la provocation sur une chanson Stromae-inspirĂ©e comme pour couper l’herbe sous le pied des « haters » ou des critiques. Ne lui en dĂ©plaise, il y a du « Alors on danse » ou du « Tous les mĂŞmes » dans « On s’en fout ». On lui reconnaĂ®t par contre les annĂ©es de galères, dont la comĂ©die musicale – un bide, un four monumental – mais qui lui a permis de faire des rencontres. Pour revenir sur « On s’en fout », le titre met en place une rengaine, qui fait que le titre se dĂ©marque avec « Paname » du reste de l’album.

Les Ă©preuves de la vie est l’un des thèmes rĂ©currents de cet album. Dans « L’enfant de la rue », Slimane aborde une enfance difficile qui a permis de construire l’homme qu’il est. « Paname » est sur cette mĂŞme thĂ©matique. LĂ , c’est l’envie de vouloir en dĂ©coudre dans un monde qui ne l’attend pas, dans lequel il n’est pas introduit, l’ambition d’y arriver quoiqu’il arrive. Avec cette ambition, il dĂ©crit aussi parfaitement ce sentiment de vouloir se sortir de sa classe d’origine. Autre chanson, et cette description d’une vie faite de rien, l’absence d’opulence, le jeu, le pari, tout pour essayer de gagner « Le million » qui permettrait de vivre mieux. Mais pris dans la spirale du jeu, le risque est de tout perdre…

« FrĂ©rot », une chanson « musette », aborde aussi la famille. Ce petit frère qui ne suit plus le « droit chemin » et qui veut ĂŞtre braqueur de banque. MĂŞme thème pour « Je serais là », Slimane dĂ©clare l’amour qu’il porte Ă  sa mère et veut la rassurer sur sa prĂ©sence Ă  ces cĂ´tĂ©s jusqu’Ă  la fin de sa vie. Guitare et douceur, Slimane raconte l’histoire du « grand-père » qui a quittĂ© son pays pour subvenir aux besoins de sa famille (« Il a pris la mer en laissant tout ce qu’il avait »).

La fin d’une relation amoureuse, le « ghosting » ou la nostalgie est abordĂ© dans « Adieu » et « Le vide ». Cet autre qui ne rĂ©pond plus et la volontĂ© de s’en sortir, guĂ©rir de cette blessure ou ce lieu qui n’abrite plus de vie. « Tu m’aimes bien » ft. Annabelle ne retient pas vraiment notre attention. « À fleur de toi » ou comment oublier son ex avec une nouvelle personne… Il en conclut qu’il n’arrive pas Ă  l’aimer de la mĂŞme façon. « Elle a tentĂ© de me consoler (…), elle a sĂ©chĂ© mes larmes », explique-t-il.

« À bout de rĂŞves » est un album soignĂ© qui permettra de ravir les fans du vainqueur de The Voice. Slimane dĂ©ploie avec succès sa voix avec diffĂ©rentes couleurs. S’il manque un truc sur l’album, c’est sans doute une chanson enjouĂ©e sans arrière-pensĂ©e nĂ©gative. On retient Ă©videmment « Paname », « On s’en fout » et « FrĂ©rot ».

Photo : Samir Bahrir

Ecrit par Nicolas D.

Nicolas est un journaliste qui écrit sur la musique pop, le r'n'b et la variété française et internationale.