C’est en plein mois de juillet que l’on retrouve Aliife Ă  la FlĂšche d’Or. Nous les dĂ©couvrions avec leur premier single « TLM ». La mission qu’ils se sont donnĂ©es est simple, faire dĂ©couvrir au public français au travers d’une pop française efficace des influences de K-pop. Sur leur premier album, le producteur Skalp est annoncĂ© comme l’un des hitmakers les plus prĂ©sents. Le groupe devrait sortir dans les prochaines semaines un EP avant de dĂ©voiler un premier album… Ils nous parlent Ă©galement de la reprĂ©sentation de la communautĂ© asiatique au travers de leur groupe.

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Aritmuzik.fr. Vous ĂȘtes vivant. C’est l’esprit du groupe.

Kyyron : Peu importe les ethnies, les communautĂ©s, on essaie de rassembler diffĂ©rents styles musicaux. On vient d’un peu partout.

Dans vos interviews, le mot mixitĂ© revient souvent. Est-ce que c’est quelque chose qui reprĂ©sente ce groupe ?

DorĂ©ly : Ça nous dĂ©finit.

Murphy : C’est un ensemble. Que ce soit au niveau musical.

A plusieurs : MĂȘme au niveau des origines.

Kyyron : Il y a trois Asiatiques et on ne vient pas des mĂȘmes pays. Il y a le Laos, la Chine et moi du ViĂȘtnam.

Dorély : Moi de la Martinique et de la Réunion.

Kyyron : Non
 Du Japon. (Rires)

Dorély : Je ne savais pas.

Vous représentez des communautés qui sont peu, ou pas, représentées dans les médias. Vous apportez une visibilité.

Bkey : On essaie d’apporter de nouvelles choses.

DorĂ©ly : On essaie d’ĂȘtre reprĂ©sentatif. C’est notre objectif.

Kyyron : Tout en n’Ă©tant pas communautaire. On veut rassembler tout le monde. La communautĂ© asiatique n’est pas trop reprĂ©sentĂ©e. On veut pouvoir reprĂ©senter cette communautĂ© tout en se mĂ©langeant avec tout le monde.

Bkey : On est trĂšs ouvert d’esprit.

Souvent, quand ces communautés sont représentées, elles le sont au travers de clichés.

Kyyron : On a eu Willy Denzey qui a essayé  Il Ă©tait au niveau musical dans l’univers urbain. Ce qu’il faisait, ca reprenait les codes amĂ©ricains.

Murphy : Nous, on a un petit Willy Denzey. (rires)

Vous pouvez nous parler de la formation du groupe ?

Kyyron : Avec Murphy, on Ă©tait signĂ© sur le mĂȘme label. On n’avait pas pour vocation d’ĂȘtre dans un groupe. Il y a eu un casting dans notre label et Murphy m’a prĂ©sentĂ© la K-Pop. Je ne connaissais pas du tout et j’ai trouvĂ© ça super
 AprĂšs il y avait Brandon (Bkey) que je connaissais par Internet. Il s’est liĂ© au projet. On a eu un bon feeling tous les trois. Ensuite, il y a eu d’autres personnes qui sont arrivĂ©es et notamment une autre membre Sarah mais elle a du arrĂȘter pour raison personnelle. DorĂ©ly a ajoutĂ© sa pierre Ă  l’Ă©difice en arrivant l’annĂ©e derniĂšre. Ça se passe super bien avec elle.

Dorély, ta premiÚre apparition se fait sur le single « TLM ».

Dorély : Exactement.

Kyyron : Et avant, c’Ă©tait Sarah.

Vous avez un clip en préparation.

Kyyron : On a plein de choses en préparation. Un album, un clip.

Dorély : Un second single aussi.

Kyyron : On a plusieurs titres de prĂȘt et on rĂ©flĂ©chit Ă  savoir sur quoi l’on va partir. On veut sortir quelque chose qui nous corresponde.

DorĂ©ly : Tout en restant dans la continuitĂ© de « TLM ». On reste dans le mĂȘme univers avec une inspiration K-Pop. On se concentre aussi sur la promotion du premier single.

« TLM » fonctionne plutÎt sur Youtube.

DorĂ©ly : Oui. On est trĂšs content. On voit que ça intĂ©resse. Le fait que l’on reprĂ©sente aussi la communautĂ© asiatique.

C’est parce qu’il y a cette reprĂ©sentation ?

Kyyron : C’est ça Ă  la base. Quand on le voit, il y a quelque chose qui est liĂ© Ă  l’image. AprĂšs la musique peut plaire ou pas. On est un peu un OVNI dans le dĂ©cor musical français. Du coup, on attire l’Ɠil. On essaie de se focaliser sur l’image.

DorĂ©ly : La communautĂ© K-Pop s’intĂ©resse beaucoup Ă  nous.

Est-ce que vous avez sélectionné le second single ?

Ensemble : Oui, il a été sélectionné.

Il y a un nom ?

Ensemble : Il y a un nom et pas de nom.

Dorély : Je ne sais pas si on peut le dire.

Murphy : Il y a un nom, mais il n’est pas forcĂ©ment dĂ©finitif.

Kyyron : On ne sait pas comment on va appeler la chanson. Mais le single est choisi.

Le clip est tourné ?

Ensemble : Non, pas encore.

Est-ce qu’il y a une date pour l’album ?

DorĂ©ly : Non, on pense que l’on va passĂ© par un EP pour la rentrĂ©e avant l’album.

Vous travaillez avec Skalp. Comment se passe le travail avec Skalp ?

B-Key : Ça se passe trĂšs bien. Il a beaucoup d’expĂ©rience dans le milieu musical. Il a beaucoup de conseils Ă  nous apporter. Ça nous permet aussi de rencontrer beaucoup d’artistes. On communique avec eux et on apprend Ă©normĂ©ment. On est dans une phase d’apprentissage.

Qu’est-ce que vous pouvez apprendre au contact de ces artistes-lĂ  ?

B-Key : J’avais croisĂ© Axel Tony en studio pour l’enregistrement de « Peace & Love ». Il m’a beaucoup aidĂ© au niveau de la voix. J’avais encore une voix assez timide. Ce sont des conseils professionnels. Je les utilise toujours lorsque je suis en studio.

DorĂ©ly : Skalp nous remet aussi dans le droit chemin vu la connaissance qu’il a du milieu de la musique quand on part trop loin.

B-Key : C’est un hitmaker, il sait ce qui va marcher.

C’est-Ă -dire qu’il va vous conseiller sur les sonoritĂ©s Ă  mettre ou ne pas mettre ?

Tous : C’est ça.

B-Key : Il va nous aussi de mettre tel Ă©lĂ©ment Ă  tel endroit, sa durĂ©e
 On l’Ă©coute, il sait ce qu’il fait.

Cette collaboration avec Skalp se retrouve sur tout l’album ou uniquement sur quelques titres ?

Kyyron : Il va y avoir plusieurs titres par Skalp, mais il y en a d’autres comme Joey, Julio Masidi qui a produit Tal (« Danse » ft. Flo Rida, NDLR), MKL. Ils aiment bien travailler avec nous, car notre projet est novateur. Il y a une marge de crĂ©ativitĂ©.

Brandon : On a chacun une façon diffĂ©rente de chanter, d’ĂȘtre.

OĂč vous en ĂȘtes avec YG ?

DorĂ©ly : Lui, il baigne dans la K-pop. C’est vrai qu’ils nous ont donnĂ© beaucoup de conseils sur « TLM » car on leur a montrĂ© avant qu’il ne sorte.

B-Key : Ca nous a permis de voir les défauts.

Kyyron : En Corée, ils sont attentifs au détail. On a beaucoup appris. On va sûrement travailler avec des Coréens. On a une marge de progression.

DorĂ©ly : C’Ă©tait une rencontre trĂšs productive.

Kyyron : De 8 heures du matin jusqu’au soir, c’est rĂ©pĂ©tition pour que ce soit tout le temps carrĂ©. Il n’y a pas forcĂ©ment cette dynamique-lĂ  en France. Notre label essaie d’instaurer cela avec nous


Dorély : Ca travaille !

Sur la thĂ©matique, c’est avant tout positif.

DorĂ©ly : C’est avant tout la joie de vivre, mais on ne s’enferme pas dans ça.

Kyyron : Notre public va ĂȘtre un public plutĂŽt jeune. On est dans un esprit d’innocence, et d’avoir un message positif.

Vous avez fait plusieurs concerts, comment cela se passe ?

DorĂ©ly : C’est vraiment bien, car l’on a des retours.

Kyyron : Quelqu’un nous a vu dans la rue quand on allait chercher une baguette de pain, la personne nous a dit qu’elle a fait 600 kilomĂštres pour venir.

Sur l’image du groupe, c’est assez travailler. C’est important ?

Dorély : On reste accroché à la K-pop.

Kyyron : C’est aussi l’esthĂ©tique, ils sont assez pointilleux. On essaie d’avoir une esthĂ©tique de qualitĂ©.

Murphy : On essaie d’apporter une qualitĂ© de danse, d’esthĂ©tique au niveau du stylisme et d’une qualitĂ© de mise en scĂšne.

DorĂ©ly : Sur la musique c’est plus personnel. Il y a peut-ĂȘtre en cours du reggae, dancehall. (rires)

Des blogs disent que vous ĂȘtes un « vent de fraĂźcheur ». Ce genre de compliment, comment vous le recevez ?

DorĂ©ly : Super bien. On l’attend souvent ce vent frais. Donc si c’est nous, c’est trĂšs bien.

Vous appelez vos fans les N’joy ?

Kyyron : C’est une initiative de Murphy. En CorĂ©e et aux États-Unis, les artistes donnent souvent des surnoms Ă  leurs fans.

Murphy : Enjoy your life.

DĂ©velopper une communautĂ©, c’est hyper important ?

DorĂ©ly : Bien sĂ»r, surtout que les fans de K-pop sont beaucoup sur les rĂ©seaux. C’est mignon de leur donner un nom.

Sur les réseaux, ça compare beaucoup « TLM » à « Gotta talk to U » de Seungri.

Murphy : On s’inspire de la K-pop, mais ce n’est pas nous qui faisons les clips. Avant d’ĂȘtre un plagiat, c’est un clin d’Ɠil. Il y a des similitudes visuellement. Je ne connaissais pas avant, j’ai regardĂ© et effectivement, il y a des similitudes. Ce sont des clins d’Ɠil. On espĂšre avoir, un jour, un travail d’aussi bonne qualitĂ© qu’eux.

DorĂ©ly : Moi je pense que ça a Ă©tĂ© fait exprĂšs pour marquer le coup, que l’on s’inspire de la K-pop. Pour les prochains clips, je pense que tout le monde le verra, ce ne sera pas la mĂȘme maniĂšre de faire.

Kyyron : Quand on Ă©tait en CorĂ©e, les producteurs de YG ont vu cela comme un clin d’Ɠil et ils ont aimĂ©.

DorĂ©ly : Moi, c’Ă©tait mon premier clip, j’Ă©tais en panique, j’ai pleurĂ©. Je n’arrĂȘtais pas d’aller voir Murphy.

Kyyron : Non tu n’as pas pleurĂ©, mais tu Ă©tais


Dorély : Ha bah si si


Kyyron : Elle a besoin d’ĂȘtre rassurĂ©e. On se connaissait encore peu. Ça a forgĂ© des liens entre nous.

DorĂ©ly : Quand je suis arrivĂ©e, ils m’ont soutenu. C’Ă©tait un moment trĂšs important pour le groupe. C’Ă©tait impressionnant pour moi. Un tournage sur trois jours, plusieurs lieux.

Kyyron : Il y avait studio intérieur et extérieur.

DorĂ©ly : Les habits aussi, il a fallu choisir tous les habits avant. Entre le stylisme, le tournage du clip, il a fallu plus d’une semaine.

Murphy : Le plus impressionnant surtout, c’est qu’il y a des objets qui venaient de toute la France. Il y avait une Ford Mustang qui venait de trĂšs loin. Ma cabine tĂ©lĂ©phonique qui date de l’an 2000. C’Ă©tait assez marrant de faire ça. Il y avait aussi des danseurs. C’Ă©tait un gros travail.

B-Key : Ça change des anciens clips, on avait aussi beaucoup plus de budget sur celui-lĂ . C’est une Ă©volution.

Murphy : Sur les précédents, on était allé en Bretagne.

Kyyron : LĂ  c’Ă©tait vraiment pro. Tout Ă©tait calĂ©. LĂ , quand on disait « Tournez », il fallait que ce soit vraiment carrĂ©, pas le droit Ă  l’erreur.

DorĂ©ly : Les jeux de rĂŽle c’Ă©tait intĂ©ressant aussi. Il fallait vraiment que l’on se mette dans la peau pour « TLM ». C’est un peu de l’acting.

Kyyron : On va essayer de faire d’encore plus pousser sur les prochains clips.

Vous serez plus Ă  l’aise du coup


Dorély : Je ne pleurerais pas promis !

Kyyron, Ă  DorĂ©ly : Mais t’as pleurĂ© ?!

DorĂ©ly : Bah oui j’ai pleurĂ©, pour le maquillage, le stress et tout


Avec quel type d’artistes, aimeriez- vous collaborer ?

Murphy : Avec des artistes Coréens comme Big Bang.

Kyyron : Moi j’aime beaucoup Tory Lanez, j’aime Drake aussi.

Dorély : Mais on ne va pas collaborer avec
 (rires)

Kyyron : On sait jamais
 J’aime aussi beaucoup Young Thug. J’aime aussi des groupes CorĂ©ens.

Dorély : Moi CL. Céline Dion aussi. Je suis une fan de Céline Dion.

Ecrit par Nicolas D.

Nicolas est un journaliste qui écrit sur la musique pop, le r'n'b et la variété française et internationale.