Le groupe Arcadian, révélé dans The Voice en 2016, sort (enfin — ils l’ont fini en septembre 2016) son premier album intitulé sobrement « Arcadian » chez Mercury (Universal Music). Avec la sortie de leur galette, on découvre six titres inédits sur les onze proposés.

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On retrouve ainsi la « Folie arcadienne ». Cette chanson, qui ouvre le disque, est un concentré de pop qui met en valeur l’ego du groupe : Arcadienne = Arcadian… (et non Acadienne !). Cette « folie » est décrite par le titre, à savoir celle qui « éloigne des problèmes, celle qui coule dans les veines, la vie à la cool, le levé à 15h du mat ». Une chanson « coolos » qui définit la « philosophie » et l’ »état d’esprit » du groupe. « On a voulu se définir par cette chanson, un groupe de pote, de galérien, à la base. On s’amuse en faisant de la musique à trois », nous expliquait Florentin en septembre dernier. Lors de la sortie de l’EP, j’expliquais que les paroles de la chanson étaient « faiblardes ». Cependant, après de multiples écoutes, j’avoue que j’ai sans doute était assez sévère en employant ce mot.

Vient l’inédit « Entre elle et moi », sorti en avance sur les plateformes. La musique est suave, elle enveloppe, tout en montrant sa modernité. C’est l’histoire d’un « truc », une romance (?) entre le narrateur de la chanson et cette fille indépendante. Le protagoniste du morceau est obnubilé par cette femme à tel point qu’il n’arrive plus à faire la moindre chose, ni sortir de chez lui, ni dormir. « J’pense qu’à ça, J’pense qu’à ce truc entre elle et moi », répètent les garçons.

Nous vous avions dévoilé le titre « Ton combat », un inédit en septembre dernier. C’est le troisième titre du disque et prochain single. Cette chanson est écrite par Ben Mazué et Davide Esposito. Il s’agit d’une composition qui incite à aider un pote qui ne va pas bien. « Allez, je ne laisserai pas tes bras baisser plus longtemps/Allez, je ne lâcherai pas, je ne lâcherai pas tu pas m’entends/Ça prendra le temps que ça prendra mais ton combat, c’est mon combat ».

Faire bader sa mère

« Tatoué », vient en 4e position. A la fois, il y a des prestations vocales, avec des passages éraillés, suaves ou slammés, une composition qui reste en tête toujours très solaire. Le groupe décrit sa vie quotidienne. Les trois garçons sont tatoués… Jérôme a un petit triangle sur l’avant-bras droit. Ce symbole est d’ailleurs repris sur la pochette de l’album et il y est décliné. Avec « Tatoué », ils racontent comment ils ont fait « bader » leur mère lorsqu’ils se sont fait tatouer. « J’ai l’encre noir, sous l’épiderme/Blessures, emblèmes, des tatouages dans l’ADN/Sur ma peau un souvenir de toi/Des promesses que je n’oublierai pas/Une armure pour aller au combat/Sur ma peau (x2) ».

« Cette chanson est une manière d’avoir de l’auto-dérision sur le sujet. Souvent, les gens ne comprennent pas. Cette manière de parler des tatouages, c’est d’en rire et de dédramatiser la chose », expliquait Yoann. « Ça fait parti de nous, ça nous fait kiffer », renchérit Corentin. « Ça a rendu nos mères célèbres », plaisante-t-il. « La mienne ne m’a pas parlé pendant trois jours lorsque j’ai fait mon premier tatouage ». #Histoirevraie. On avait une préférence pour leur version remixée par Uppermost et Behdad Nejatbakhshe. Une version que l’on juge encore plus efficace, la musique nous fait penser à un bain plein de bulles de savon qui éclatent.

Enfin des titres que l’on découvre aujourd’hui avec « Ce que tu m’as appris ». Un hymne en forme de remerciement à ces personnes qui nous ont permis d’apprendre quelque chose. Vient le titre écrit et composé par Julien Granel « Polaroid ». Une chanson « qui a bien accroché en live » avec le public. Cette chanson est met en place des polyphonies ce qui souligne les différentes voix présentes dans le groupe, notamment celle de Jérôme. « Polaroid » raconte l’histoire de ce cliché accroché au mur et qui ne prendra pas une « ride ». « Do You Fell The Love », une chanson qui est à la fois en anglais et en français. Ce titre fait monter la température… avec des « snaps, des photos floues de tes seins nus » ce qui donne « le blues » lorsqu’ils ont un peu trop « bu ». La composition est intéressant, elle nous rappelle la fraîcheur d’« Entre elle et moi ». Tout au long du titre, il y a une tension qui est maintenue par cette composition en navette, un va-et-vient entre deux sonorités comme pour souligner cette dualité entre elle et lui. Cette chanson serait un très bon single pour l’été.

#Rejoinslacoloc

« Fais comme chez toi » raconte cette période de colocation entre les membres d’Arcadian… Souvenez-vous si vous avez cliqué sur le lien de Julien Granel, celui-ci expliquez comme il avait été accueilli par Yoann dans la coloc lorsqu’il avait besoin de venir sur Paris. Le morceau sonne aussi comme si une période dans la vie du groupe vient de se finir… bien qu’à la fin, il y a une citation : « Les gars ce n’est plus à moi de faire la vaisselle ». Vient la reprise de Stromae « Carmen ». Je ne suis pas certain de l’utilité de la mettre sur l’album… Plus en bonus ? Néanmoins, c’est une très bonne transition pour venir sur « On ne s’entend plus ». Un titre nerveux mais qui finit en queue de poisson. « La fuite » clôt l’album avec de la profondeur. Un morceau nappé de violon et un piano tendu, qui comme son nom l’indique est une fuite. La fin. Le départ.

Cet album s’écoute très bien et fait découvrir l’univers du groupe au travers de thématique comme sur l’amour, la vie quotidienne, l’amitié mais aussi avec des titres comme « Carmen » un côté soft politique. Arcadian navigue dans une pop française qui tire vers la variété pour un public a priori plus adolescent qu’adulte parce que par leurs histoires ils racontent ce passage vers l’indépendance, la découverte de soi. La vie de ceux qu’ils sont, des jeunes adultes sur le début de la vingtaine. On attend la suite…

Ecrit par Nicolas D.

Nicolas est un journaliste qui écrit sur la musique pop, le r'n'b' et la variété française et internationale.